José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : OCTOBRE 2006
Haïku et Tankas d'un mois d'octobre
 
 
Les vulcains se posent
sur des prunes mûres chues
qui ne comptent pas
pour des brunes sûr? que je
préfère aux blondes peu sûres
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Dors mon petit chou
je ne suis ton petit chou
ou ton chou tout court
encor moins ton chou-fleur ou
blanc ou rouge ou de Bruxelles
Ce soir les enfants
s'amusent au football, ronde
des chauves-souris
Sur le boulevard
se déhanchait avec art
une demoiselle
tout aussi pauvre que belle
elle n'avait rien sur elle
Dans le verger à
confettis jaunes le geai
aux ailes bleues geint
Dans le verger à
confettis jaunes le geai
bleu dérangé geint
curieuse fête fait-il
qui voit la vie s'en aller
 
 
Les arbres sentant venir l'hiver
sous le vent s'épouvantent
ictère
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Les arbres sentant venir l'hiver
se font bien du mouron
jaunisse
(sans faute d'orthographe
messieurs les censeurs)
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Deux octobre, fête
de mon ange gardien qui
connaît mes péchés
Cet ami fidèle
se dit outré t'es bon mon
vieux pour la perpète
---
Suis un mélomane
en quête de noix malgré
l'arthrose aïe Aïda
Sur un sol empierré
deux marrons endeuillés
bogues éclatées
 
 
Du fauvisme ces
couleurs violentes ce jaune
tronc ce papillon
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Des noix des feuilles
à la queue leu leu tombent
moi je vais vaille que vaille
Feuilles froissées sur
le noyer, un écureuil
fait tomber mes noix
pas des bananes mon pote
surveille le choix des mots
Les choucas du chêne
inquiets, pourquoi ce retard
de l'aube en octobre?
Quelle agilité
chez cet écureuil niant
la loi de Newton
il s'en va de branche en branche
bien plus fûté qu'une pomme
Elle était là avec
son passé ses problèmes ses rancoeurs
et puis pfft...!
Et puis pfft...!
rien d'autre à déclarer
rien qu'un tout petit tas de cendres?
 
 
Château de Lavaux-
Sainte-Anne où les pièces ont
conservé leur lustre
d'antan, mais où sont passés
tous ces maîtres de céans?
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Deux écureuils se poursuivent
sur le tronc d'un sapin
amour ou haine?
Mystère à Chiny
des poissons en pierre nagent
dans la Semois, si!
n'aurais-tu pas abusé
de bonnes bières wallonnes?
En ce mois d'octobre
j'aperçois des écureuils
quasi chaque jour
ils chapardent mes noisettes
ces fripons que j'aime tant
Brume matinale
malgré le chant éclatant
du pivert, je rentre
Problème à Chiny
des poissons en pierre nagent
dans la Semois, si!
n'auriez-vous pas abusé
Chanly de bières wallonnes?
 
 
Beauté des tuiles
du mur recimenté, des feuilles
peintes par l'automne
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JE T'AIME !
Je m'aime
car tu m'aimes
toi la source du bonheur
que l'on n'achète
dans aucun supermarché
car simple et naturel
et sans prix
source du désir
mon élixir
ma toute belle
ma vie ma chère ma chair
Quand je te vois
je souris comme on sourit
à l'enfant qui s'éveille
ou au soleil
qui vainc les nuages
les mauvais présages
les pluies moroses
le vent qui geint
l'hiver qui vient
viens !
Je m'aime
car je t'aime
mon trésor pour la vie
mon pain quotidien
mon verre de vin
ma communion sous
les deux espèces
ma rose sans épines
ma raison d'être
sur cette terre
Quand je te vois
le mal s'en va
sur la pointe des pieds
la méchanceté navigue
sur le Léthé
c'est le règne de la bonté
de la générosité
faite femme
nos yeux s'unissent
que la chance nous bénisse
viens !
Je m'aime
car tu m'aimes
et si un jour la mort
à jamais nous sépare
ce jour-là
le soleil disparaîtra
sur le chemin du Golgotha
et l'homme que tu embrasses
chaque matin ne sera plus
lui si cool
qu'un pauvre hère sanglotant
sur la route du désespoir
reste !
Quand je te vois
la vie m'apparaît sans
problèmes sans béquilles
claire comme une source
qui sur les cailloux sautille
d'allégresse
et Dieu qui ne t'a
malheureusement pas connue
n'est pas mon cousin
viens...
Je t'aime !
 
 
Un samedi qu'on
ne reverra jamais plus
trompette la foulque
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Quiétude automnale
de temps à autre bruit sur
l'eau, chute d'un gland
L'écureuil traverse
la voie, regard énamouré
du précité
Sous le noisetier
de petits champignons, on
dirait des noisettes
je me suis fait posséder
malgré le port de lunettes
Un champ jaune de moutarde
je nous revois à Dijon
cet été
Le papillon blanc
m'accompagne sur la voie
éphémère, et toi?
 
 
Rendez-vous chez Annie
par l'allée, de bonnes bières
vous y attendent
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La petite fleur
jaune me ramène en mars
parmi les ficaires
jours et mois un train d'enfer
filent freine freine freine
Les feuilles qui tombent
la pluie le vent nous amènent
d'octobre à ces tombes
de novembre aux premiers froids
à la fête du Chrit Roi
Prunier dépouillé
la plupart de tes feuilles
ont changé d'altitude
Quand une certaine
dame m'explique quelque
chose je lui dis
au bout de quelques minutes
viens-en au fait s'il te plaît
Il a deux fois comme
ce coq chanté le choucas
qui ai-je trahi?
le garçon qui croyait en
Dieu qui n'existe pas, dis?
 
 
Une barque amarrée
mais quelle lourdeur
pour voguer vers Cythère!
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Sous le noyer que
quittent des feuilles à longue
queue des noix, quel scoop
La dame, un moulin
à prières et son homme
un contemplatif
Il me voit l'écureuil
puis s'en va de branche
en branche d'arbre en arbre
Le vieux prunier part
en morceaux, manchot plusieurs
fois si je puis dire
Bourrasque, les feuilles
volent puis décident d'atterrir
ah si l'une...
Je dérange dans
l'allée un couple de geais
criards, soyez zen
 
 
Le soleil se couchant
arbres et clochers d'octobre
prennent le deuil
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La rivière chuchote
au creux du val
sous des feuilles automnales
Une allée de hêtres
pour des êtres qui se foutent
pas mal de Shakespeare
être ou ne pas être fait
naître chez eux la migraine
L'averse j'arrête
arrête averse l'averse
n'arrête je reste
Sur le prunier qui
fut en fleur une dizaine
de feuilles demeurent
un vent furieux les fouette
l'une à l'instant même meurt
Les feuilles du noyer sombrent
à quelques secondes
d'intervalle tombent
 
 
De jolies fleurs bleues
orange ou roses histoire
de revoir l'accord
des adjectifs de couleur
et de nier l'évidence
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Camions de betteraves
freinant le trafic
dans les côtes d'octobre
La feuille se pose
sur une fourmi qui passe
du jour à la nuit
Monet à deux pas
tableau de grande valeur
mais peau de chagrin
car ces touches jaunes vont
se détacher de la toile
Le héron me survole
gauchement ailes et pattes
entremêlées
Le clocher de Vitrival
émet un seul son
treize heures pétantes
 
 
L'étang de Virelles
comme la Mer Rouge mais
sans Hébreux s'entrouvre
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Plus de concertos
ni de symphonies pour nos
oiseaux, des solos
Plus de concertos
ni de symphonies pour nos
oiseaux, des solos
ressemblant à des sanglots
tant la saison s'effiloche
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