José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : OCTOBRE 2005
Haïku d'un mois d'octobre
 
 
Ces six Tchôds-Tchôds de Fosses
de leurs chapeaux de paille
balaient les obus
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Soldats que l'on aime
ne se prenant au sérieux
ne tuant personne
J'ai ramassé quelques noix
ce midi, passage
d'une libellule
Deux lapereaux
tournicotent dans le pré
insouciants du danger
La fouine n'aime
pas les quartiers de noblesse
du hibou grand duc
cet hurluberlu hulule
avant de la manger, hou!
Feuilles d'or d'octobre
les marronniers libèrent leurs fruits
garons-nous
Forme gracile et mobile
non une automobile
mais l'écureuil
 
 
L'âne de Buridan? non
d'un Tchôd-Tchôd de Fosses-la-
Ville / hi-han
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Tu meurs mon pote
mais on rira le soir
à la suite d'une blague
Tumeur tu meurs
mais on rira le soir
en entendant une blague
Il faut ramasser
les noix avant les choucas
sinon pas de gym
Éclipse du soleil
la lune effacée
à l'instar de Foucquet
Éclipse du soleil
la lune ensuite effacée
comme Foucquet
Tu vis tu meurs
tu vis tu meurs
tumeur ou pas tu meurs
Ne bois plus tant José
tu te répètes trop souvent
et alors?
 
 
La Saint-Feuillen s'en
est inexorablement
allée pour sept ans
sept longues années sans fifres
tambours salves rires, snif
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Troupeau de moutons
qui seront mastiqués par
des dents maghrébines
ils broutent avec entrain
sans songer au lendemain
Brouillard tenace
mais le chat n'en a cure
son seul souci les souris
Namur
par un jour brumeux d'automne
seules les lampes sont en joie
Un chat noir
se promène ce soir
silencieuse menace en chasse
 
 
Offrir malgré la brume
à sa brune
qui ne compte pour des prunes
un tour en Namourette
parmi les vaguelettes
chouette!
Qu'elle se blottisse en amoureuse
de la Sambre à la Meuse
plutôt froide à Namur
jusqu'au confluent
mais prune chaude au quai de Jambes
okey!
Prune à déguster les yeux fermés
en murmurant
Dieu de Clotilde comme le soleil luit
dans mon coeur
quand ce miracle survient
d'une brune devenant fruit
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Peupliers ensoleillés
derrière de vieux pruniers
amputés
Journée d'octobre belle
comme un missel
de communion solennelle
Passe un Iroquois
sur son superbe cheval
blanc, l'été indien
Pour obéir à
la FGTB nos vaches
ne paissent, en grève
Quelle est cette forme
gracile sautant d'un arbre
à l'autre en défiant
les lois de la pesanteur?
c'est... mais c'est notre écureuil
 
 
Dans l'allée ombreuse
deux charmantes promeneuses /
devisent, heureuses
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Une belle journée!
mais tu l'as à peine dit
que c'est fini
A Pontaury des
milliers de Chinois s'installent
avec leurs baguettes
hi hi ils ont lu trop vite
le nom du village, riz
Mésange huppée!
joie partagée par l'aïeul
et son petit-fils
Cri du pivert qui
dédaignant l'incognito
s'envole illico
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UNE VIE
Suis né le 11 juin 1938.
Gémeaux.
Notice biographique :
0 berceau 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 (éclipses de nombres) 40
41 42 (trou de mémoire) 67 ans.
Et l'avenir?
68 69 70 --- Stop! 0 Tombeau.
- Pourquoi?
- Prescience...
- Comment?
- Mes deux poumons en grève, ensemble.
- Pour quelle raison?
- Par goût du risque.
---
 
 
Château de Thozée
où vécut Félicien Rops
brume du passé
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Au-dessus des fleurs rouges
vole un papillon
démuni de boussole
Tel un sphinx le chat
m'observe aurais-je les traits
du grand Ramsès II?
Des pêcheurs en quête
du Graal dans une nature
automnale, plouf
Regard sur le verger
tombe une feuille de prunier
15 octobre
Sont-ce trois grâces
ou trois cloches? l'horloge sonne
les six coups du soir
Les feuilles comme à confesse
attendent leur tour
pour tomber la veste
 
 
Des pêcheurs en quête
du Graal dans une nature
automnale, plouf
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Ce coq est inquiet
car il se demande si
parmi ses conquêtes
l'une ne lui aurait pas
offert le virus aviaire
Le château de Thozée
sous le soleil s'éveille
émerveillement
Drève menant au
château carosse et chapeau
d'une jeune garce
Flirter dans les champs
par une belle journée
d'automne et s'entendre
dire parmi tous ces taons
d'ailleurs absents pique-moi
L'arbre a revêtu
sa plus belle parure en
vain, jaune tapis
Ampleur du lugubre
cri de la corneille en deuil
bientôt la Toussaint
avec tous ces pots de fleurs
ces pleurs ces peurs ces rancoeurs
 
 
Un autoportrait
grâce à la voiture rouge
du bougon monsieur
vêtu d'un plaid bigarré
logeant un rapace blanc
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Cherchons la clef de
sol dans les airs de Thy-le
Baudouin roi des Belges
mort un 31 juillet
à Motril port de croisières
Dans ce bocal jaune
vit un poisson rouge riche
de tous ses zéros
Il boîte le chat
gris de la patte avant gauche
dans le pré feuillu
puis-je le dire monsieur
Larousse? est-ce défendu?
Par un jour de pluie
quatre hélicoptères Cane
Cane Canebière
s'encadrent dans la fenêtre
avec leur bruit leurs lumières
Une mésange
visite la mangeoire
passage d'un écureuil
 
 
Le soleil éclaire
notre noisetier avant
de prendre congé
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L'arbre perd ses feuilles
l'homme ses tifs mais
nul printemps après l'hiver
Longue longue plainte
qu'un vent de novembre
en avance nous avance
Journée ordinaire
d'octobre pour cette horloge
tricotant le temps
qui sera notre linceul
un jour tout pareil aux autres
Feuilles mouillées de pluie
jaunies du temps qui passe
subséquemment mortes
Le fermier laboure
à la façon des aïeux
cri d'une corneille
Qu'elles sont jolies
avant de mourir
ces feuilles ensoleillées!
 
 
Sur ce banc tout blanc
une dame toute nue
nous est apparue
menue mais qu'elle était belle
sans sa robe habituelle
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Après le labour
des corbeaux s'empiffrent, ailes
luisant au soleil
La fenêtre ouverte
laisse passer ces mots
"achetons fer vieux cuivres...."
Le pivert s'en vient
jusqu'au pied du noyer me
voit en a trop vu
A pas de loup vais
mais trompette la foulque
adieu martin-pêcheur
Dans la mangeoire aux mésanges
se restaure à l'étroit
notre pivert
 
 
Feuille si jaune
jeune fille si jolie
ne durez qu'un moment
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