José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : MAI 2005
Haïku d'un mois de mai
 
 
Les poissons sommeillent
du moins ceux qui n'ont pas été mangés
soleil
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Sur le fil quelques chemises
de vent se gonflent
en manque de chair fraîche
Le long de la Meuse
un pêcheur s'isole
passage de trois barnaches
Ce soir
pommier impressionniste
les merles de plus en plus s'estompent
Lumineux rideaux
il va faire beau ce dimanche
à nous consacré
Le soleil tout rond
dans un ciel tout bleu
l'âme se met à chanter
Balade de deux barnaches
sur la Meuse près d'Anhée
hyménée?
 
 
Le pommier en fleur
page superbe de Proust
à Fosses-la-Ville
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Amas de plumes
que tu me sembles lugubre
ô voix de tourterelle
La rhubarbe telle
une robe soulevée
dévoile un mollet
qui le rend tout guilleret
malgré ses canne et bonnet
Une symphonie de couleurs
ces deux chevaux broutant
n'en ont cure
Fleur du marronnier
fièrement dressée
comme toi chantait l'aimée
Saint Gérard
l'unique âme du village
canonisée, et pour cause
 
 
Devant cette fleur
égoïste la moutarde
me monte au nez rond
hi hi le jeu de mots me
plaît romainement parlant
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Soir, les martinets
font au-dessus de Dinant
leur dernière ronde
Il pâlit telle une
âme en peine notre champ
de colza, nuages
Coups de martinets
en vol comme ceux promis
si nous n'étions sages
J'ai (tif et) tondu
la pelouse en écourtant
maintes cardamines
Les tourterelles turques
ne fraient les grecques
pour une histoire de Chypres
Soleil, il rayonne
ce champ de colza comme
le jaune d'un Van Gogh
 
 
Dis papy? oui? quand
je serai aussi vieux que
toi tu seras mort?
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Ombres et lumières
dans les sous-bois
un merle chante son émoi
Ophain-Bois-Seigneur-Isaac = village brabançon
à deux pas de Waterloo
Bois-Seigneur-Isaac
pourquoi papa s'apprêtait-
il à t'égorger?
"Abraham se leva tôt, sella son âne et prit
avec lui ses serviteurs et son fils Isaac.
Il fendit le bois de l'holocauste et se mit en route
pour l'endroit que Dieu lui avait dit." (Genèse)
Bois de l'holocauste
Ophain-Bois-Seigneur-Isaac
pourquoi ton papa
s'apprêtait-il sans état
d'âme à te trancher la gorge?
Tempes grises
champs de colza ternis
emprise du temps
voir photos : http://chanly.apinc.org/Jose/index1.html
Songeais à ma chère
grand-mère vieille à... mon âge
mais ce n'est pas vrai!
Mortuaire
jadis tout était noir
fors le visage du défunt
 
 
Ittre fichtre! quel
joli ciel
chargé de menaces
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Mulots et colza
sous la crécerelle
rient tous deux jaune au soleil
Ne veux mourir car
souffre de claustrophobie
cercueil refusé
Gel cette nuit
et mes pommes de terre?
en ligne elles me sourient
Bonheur
dans la chapelle même
si je ne puis dire, je vous aime
Bruit dans la torpeur
du jour, 14 h 32
ce 12 mai 2005
Une biche sur
ma pelouse ce midi
ça n'èst nin possip!
(ce n'est pas possible!)
Au bord de l'étang
Dominus vobiscum dis-je
et cum spiritu
tuo fait la truite instruite
ferrant cet ancien servant
 
 
Ce village prie
à l'aide de son clocher
le colza lui brille
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L'oiseau casse-pieds
serine la même note
bègue le Schubert
Deux corneilles agressent
un rapace qui de guerre lasse
s'en va
La tourterelle plane
grise sous un ciel pâle
approche du mâle
Elle est triste la cloche
à la levée du corps
du cercueil dans l'urne
L'oisillon crie du
nid comme la fourmi sa
voisine famine
Oreilles dressées
le lièvre à ma vue s'enfuit
je suis la tortue
 
 
La chapelle assise
sur un rayon de soleil
s'offre un dais feuillu
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Aboiements de chiens
le long de l'ancienne voie
ferrée, c'est Auschwitz
Le merle noir au
bec d'or pêche sa ration
de vers sous la pluie
La bourrasque épile
des pissenlits, le grand âge
le crâne d'Émile
L'alouette grimpe
au ciel injuriant saint Pierre
puis redescend, pierre
Le seigle nouveau
croît dans le champ, moustachu
soyeux à souhait
 
 
Un parterre de "je
t'aime un peu..." mais vous
connaissez la chanson
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L'église embrumée
sonne tristement mais l'astre
fait la sourde oreille
Au tiers de son cours
la lune apitoyée nous
observe, les pauvres...
fourmis d'un côté, loirs de
l'autre mais tous éphémères
Cellule d'ermite
irlandais qui quêtait à
l'ombre la lumière
En danses et en chansons
à l'amitié belgo-roumaine
norok!
Campagne en mai
des vaches paissent paisibles
loin de l'absurde bruit
 
 
Les chinels dansent
en l'honneur de nos hôtes
de sympathiques Roumains
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Alouette et merle
m'emplissent les oreilles
un pinson? ça déborde
Comme chaque... comme
beaucoup de dames les mois
ont leurs senteurs
Grenadiers fossois
croqués par Marcel Nulens
cela sent la poudre!
Sur le bouleau deux
corneilles font leur toilette
par un matin bleu
Ligne blanche dans
le ciel, un Boeing s'en va
chant de l'alouette
Plus de rires de chansons
plus de chaleur humaine
plus de Roumains
 
 
Dis-moi, que dois-je le mieux
aimer? ton beau costume ou
la couleur de tes yeux?
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L'âme des Roumains
de Dorna Arini, si!
vibre dans ce groupe
quand tous ses membres en transe
chantent en cadence et dansent
Remue-ménage au-
dessus d'un pin, je dérange
quelques tourterelles
L'écureuil traverse
la grand-route, je donne un
coup de frein - chagrin
Boutons d'or que survolent
des papillons blancs, cri
rauque du faisan
Sur le chemin
slalome un vif orvet
qui sommeillait au soleil
Ciel! j'entends les notes
de mon premier coucou, purs
moments de bonheur
Sur la pelouse
la nature a peint
une oeuvre pointilliste
 
 
Le chinel
symbole de Fosses-la-Ville
sa musique enivre petits et grands
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Dans l'étang des foulques
de Belgique et des barnaches
du Canada Dry
Ce pinson somme en
vain le soleil de rester
rire d'un passant
Il chante notre coucou
gros cou! gros cou!
à chacun d'entre nous
Chante le coucou
gros cou! gros cou! pour chacun
d'entre nous, coucou!
pour moi tout spécialement
je crois car mes cols ne suivent
Tu vas t'offrir une
jaunisse dans ce pré de
boutons d'or, cheval!
Toujours aussi gauche
la tourterelle turque en
virant sur sa droite
Havre de paix en
ce chaud matin de mai par
deux canards troublé
 
 
Voyez-vous ce pan
jaune de Vermeer de Delft?
veux-tu voir vieux con
ces milliers d'étoiles jaunes
que pourrait t'offrir mon poing?
... ces milliers d'étoiles
jaunes? les pauvres enfants
marchant dans un camp
ces femmes ces vieilles gens...
aïe! je te l'avais promis
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Chante malgré la
pluie le merle sur un toit
rouge de limaces
A Bras raccourcis
pas très loin de Bastogne où
durant un hiver
eurent lieu d'âpres combats
croissent mûrs deux pissenlits
Cette barque est une
invitation au voyage
pour Cythère... et coule
 
 
J'écoute sous l'arbre
les notes d'un oiseau sans
beauté, quelle voix!
mon alter ego mais à
l'envers, il pleut quand je chante
Je vous entends me
dire que voulez-vous dire
par là? c'est-à-dire?
que vous êtes un beau sire?
je ne vous le fais pas dire
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