José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
|
Le petit monde merveilleux des haïku : JUIN 2005
Haïku d'un mois de juin
 
 
De la cheminée
du château sort un nuage
oeuvre d'une fée
|
Le coucou me dit
bonjour au réveil lançant
deux notes, cou cou
remords de faire do do
quand les oiseaux chantent là
Fleurs de cimetière
sur le dos de mes mains pour
honorer quel mort?
Le chant du pinson
j'entends ma grand-mère qui
l'imitait si bien
Vois-tu sur l'eau l'ombre
d'un canard n'intéressant
que moi? tous coupables!
Le vent se lamente
au pignon de ma demeure
bientôt le tonnerre
Vent fort
les bras d'une chemise
supplient je ne sais quel dieu
Dangereux
ce bouleau verruqueux
le pré est d'un jaune si tendre
Entends-tu les pas
qui te conduiront où ton
coeur s'arrêtera?
rien ne sert de courir dit
Jean de la Fontaine, freine
 
 
Cris d'une foulque
car je m'approche du nid
protégeons les petits
|
Les fleurs du sureau
s'étalent pour mieux capter
les rayons solaires
elles vivent l'heure avec
une saine volupté
Le champ de maïs
sans ses fleurs jaunes héberge
des coquelicots
Dans les hautes herbes
sautille un gros merle pour
tout dire emmerdé
Soir de juin, boutons
d'or et pâquerettes
se sont encapuchonnés
Promenade dans
les champs sous des alouettes
un lièvre détale
 
 
Vitrival, y paît
le cheval blanc sorti d'une
toile de Gauguin
|
José d'un an moins
jeune est en ce jour de juin
qui revient hélas!
trop souvent le visiter
pour lui rappeler sa fin
On est le 7? non
le 6 mais c'est tout comme
le 8 déjà s'amène
Tourterelle
cesse de jouer au coucou
avec ta ritournelle
Ces papillons blancs
vont par deux, hétéros ou
homos? pas un mot
Scène bucolique
sur les hauteurs du village
une buse tourne
et tourne au-dessus de ce
vers d'Émile Verhaeren
 
 
Rue du vieux Namur...
admirez ces petits pavés
sur le blue-jean
|
Pauvre pâquerette
encapuchonnée pour la
nuit par la tondeuse
décapitée telle la
reine Marie-Antoinette
Bon anniversaire
où sont réunis le 6
et le 7, dans l'ordre
ne me félicitez pas
trop car je n'y suis pour rien
Le bonjour au visiteur
qui nous vient de Dhahran
en Arabie
L'un des quatuors
de Glinka? non de choucas
sur l'arbre sans noix
Suis chez mon dentiste
bruit de la fraise et chant d'une
tourterelle turque
sonnerie du téléphone
oui? il me reste une place
 
 
Le Rouge et le Noir
pour ces trois Grâces, jolies
Namuroises qui
s'en vont nonchalamment vers
un jardin rempli de roses
|
Dans le bois de frênes
entouré de sureaux
un oiseau joue du pipeau
Le pivert picore
à deux pas d'un potager
sa tête en alerte
se relève et descend comme
au mur des Lamentations
Que de trous dans la prairie
que de faucons
de buses tournoyant!
Démuni de ses
fleurs jaunes, le maïs loge
des coquelicots
célébrés par Mouloudji
chante pas! il va pleuvoir
Une allée empierrée...
l'hirondelle me précède
sans gyrophare
 
 
ah!
la taïga
sous la neige
une chaude pelisse
des bottes de sept verstes
un chapska
le froid
le silence
les sauts de grenouille
d'un saïga
puis le retour en troïka
le nez rouge (ça va de soi)
l'isba
le verre de vodka
en lorgnant Katiouchka
aux hanches de balalaïka
ah!
tchoum...
voilà
la Russie
telle que je la vois
|
Le village semble
assoupi mais que de pensées
en transhumance
Les vieilles gens tels
ces vieux arbres perdent des choses
au fil du temps
Juin, dans le verger
un pinson que je ne vois
s'en donne à coeur joie
lui répond plus débonnaire
l'une de nos tourterelles
L'alouette grisolle
comme ses parents
et tombe mêmement
J'écoute Barbara
qui n'est plus rien dans sa boîte
qui n'est plus rien?
Trois étourneaux ratissent
le pré, slalomant
entre les pâquerettes
 
 
Bêh! font ces moutons
aux idées noires
aurait conclu Charles Darwin
|
La souris sous l'emprise
des crocs d'un matou
se promène à l'oeil, hou!
Certains soirs
s'envolent de sa couche
d'oblongs et capiteux péchés
La pie prie un dieu
qui jacasse, la corneille
un dieu qui croasse
-----
Puis-je entrouvrir votre corsage
pour égayer le paysage
sans plus?
puis l'effleurer des lèvres
en signe d'amour
sans plus?
J'aimerais tant vous délivrer
d'une robe qui vous étouffe
sans plus
vous demander d'entrer en vous
pour m'y perdre sans plus
Puis-je?
-----
 
 
Le photographe
a capté l'âme de son épouse
sous un ciel bleu
|
Sous ces toits-là vivent
des gens ni meilleurs ni pires
que les autres, filles
amoureuses et garçons
désirant semer la graine
Je ne suis jamais
aussi grand que le soir au
coucher du soleil
Après une chaude
journée que tu parais pâle
à l'horizon, lune!
T'aurais pas le premier prix
mais le second hi hi...
n'a pas compris
Quelle chaleur
mes aïeux!
parmi lesquels Deodati Massuin
Sur le blanc bateau
l'on voit Namur autrement
tel un cormoran
 
 
Quelle chaleur
mes aïeux!
parmi lesquels Deodati Massuin
|
15 juni 1779 baptisatus fuit joes josephus filius
legitimus Deodati Massuin et margarita Damin Grupont
Combat naval par
un temps caniculaire
C9? coulé! tant mieux!
Une alouette a des ratés
à preuve, elle tombe
comme la pierre
Fille lapidée pour
avoir enfanté sans l'aide
d'un mari, le père
présumé relaxé, son
ventre n'ayant pas enflé
Les ronciers en fleur
recouvrent, révisionnistes
les rails d'Auschwitz
Près d'un plan d'eau
sous un soleil de plomb
on envie un peu les carpes
Le lièvre face à Chanly
les haïku d'icelui
fuit
 
 
S'offrir sous la canicule
un bain de pieds à Jambes?
original
|
Le monde invisible
plus réel que celui-ci
disent les croyants
peignant notre paradis
avec cris et tremblements
Un trio de canards
s'en va de guingois
vent du Nord selon Brel
Baignoire emplie d'eau
du ciel invite-la nue
s'il te plaît pour quelle
prière autre? tendre amie
qu'un je vous salue Marie?
---
Cette naïade à
l’œillade coquine enjambe
la cuve et me dit
saute-moi barjo ! de la
même manière, plaît-il ?
 
 
Ballet de pelles bleues
sous un ciel de la même couleur
bonheur
|
La vie est si courte
nos petits-enfants nous prolongent
en mieux, en forme
Savez-vous que mes
chers aïeuls ont sans raison
quitté leur maison?
qu'ils vivent au cimetière
dans un local sans lumière?
Autre site de José Chanly : Photos et Poèmes
Retour à l'An 2005
 
Retour au Menu Principal