José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : JUILLET 2007
Haïku d'un mois de juillet
 
 
S'amène juillet
avec un a priori
favorable, viens
débarrasse-nous de juin
humide et frais et venteux
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Chaque jour s'éveillent
bien avant moi mes amis
les oiseaux, pinsons
merles noirs et tourterelles
et troglodytes mignons
Des bruits de voitures
c'est la grande transhumance
du Nord vers le Sud
Des bruits de baisers
c'est la grande Hortense en transe
sous un tisonnier
Vent, la tourterelle
lutte puis plane tel un
avion en papier
Le soir ce sont sans
conteste les merles qui
sont les plus bavards
ils affirment chaque fois
que la nuit s'amène amène
 
 
Ce premier juillet
le soleil brille malgré
des nuages, sages
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Le vol aboli
le petit oiseau tombé
du nid agonise
Le vol aboli
l'oiselet tombé du nid
sur le sol dur gît
sa mère lance des cris
de mots le ciel agonit
Il avance par
à-coups le merle la tête
en avant, missile
Grâce au réverbère
la fenêtre du bureau
ce soir est pareille
malgré de nombreux nuages
à un beau ciel étoilé
La tourterelle compte
un deux trois quatre cinq
sans arrêt, et six?
 
 
Lecteur je vous offre
ce beau coquelicot sans
lui ôter la vie
je ne chanterai pas comme
Mouloudji qu'il est gentil
Le coquelicot
tenu par la main tavelée
d'un coco, moi
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Je mange ce soir
tout en regardant le ciel
vol de martinets
un vent de mauvaise humeur
fouette les vieux pruniers
La fenêtre pleure
et pleure depuis des heures
il pleut dans mon coeur
Je m'observe dans
le miroir, suis-je beau? non
pas du tout ce genre
de question, mais ce constat
mon vieux José, t'es mortel
De mes fenêtres
je vois trembler les arbres
le feu ronronne, le paradis
Dans ce coin champêtre
rôde avec son chevalet
Henri Rousseau dit
le Douanier charmé mais
en manque de bêtes fauves
 
 
Un ciel aux couleurs
de ces derniers jours, y nagent
beaucoup trop de seiches
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Nous sommes le 7
juillet 2007, il
est sept heures sept
une très courte euphorie
car l'horloge indique huit
Messes en latin
pour retrouver les matins
de nos collégiens
en culotte courte, Ite
missa est, Deo gratias
Alors que le chat
venait me dire bonjour
un pivert cria
du haut du très vieux verger
de notre tante Paula
Trois martinets tels
nos zéros de Pearl Harbor
qui foutent en l'air
les mathématiques volent
en lançant des cris perçants
Près d'un champ de lin
une future éolienne
les fleurs vont éclore
par milliers pour célébrer
ce haut moulin sans meunier
 
 
Mathieu mon Dieu! dont
le renom jour après jour
nuit après nuit chez
les filles surtout séduites
par tant d'allure, grandit
|
Sous un ciel quasi
bleu les deux fusées s'apprêtent
à quitter le sol
ensemble vont s'envoler
catholiquement vers Dieu
Notre vieux chat ce
qui est un événement
court car la pluie tombe
Le ciel bleu de Tain-
l'Hermitage assombrit l'eau
d'un Rhône penaud
Tournon-sur-Rhône
offrit bien des beautés
à Stéphane Mallarmé
Rouge ce randonneur
sur les hauteurs de l'Ardèche
quelles senteurs!
 
 
Marcel au travail
il faut rentrer le foin pour
les nombreux lapins
l'accompagne pas à pas
sa très fidèle Cybèle
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Après l'averse
des limaces se prélassent
sur mes belles salades
L'Ardèche avec ses
fleurs et pentes verdoyantes
mais sans son odeur
quand d'une photo ressort
l'étendue de sa beauté
Ciel! quelques limaces
salaces là se prélassent
garces sur nos grasses
salades, que Dieu leur fasse
payer très cher cette audace
Dans la nuit hou! cris
d'un hibou dont les proies n'ont
qu'à bien se tenir
Dans notre chambre
aux rideaux entrouverts
une lune égarée luit
 
 
Pourtant, que cette montagne
est belle dit Jean Ferrat
l'Ardéchois
|
Plus vous vieillissez
plus vous vous baissez avec réticence
ci-gît
Que de fruits sur le prunier
qui ne pourra les conserver toutes
chut!
Que d'eau ô que d'eau
constate l'ancien bedeau
pantois, que.. que d'eau
hoquette-t-il plus penaud
qu'une poule sans préau
La chauve-souris
après avoir beaucoup bu
fait sa ronde, soûle
Dans la vallée le village
de Dornas protégé par ses bois
dort
 
 
Dans la vallée par
ses bois protégé Dornas
s'adonne à la sieste
à l'avant-plan une bûche
yeux fermés cuve son vin
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Secoués nos pruniers
pleins de fruits
sous de sombres et lents nuages
Tous à nos consoles
on est modernes que diable
sus à ces toupies
billes et cerceaux d'antan
accompagnés d'un bâton
La prairie jaune de fleurs
s'envole grâce aux ailes
d'un papillon
En ville ce soir
près de l'ancienne gare, y
siffle quelquefois
la nuit un train du troisième
âge amoureux d'autrefois
Un bruit bizarre au
poulailler c'est une poule
qui accouche dis?
 
 
Le pont de Mariac
sur lequel François Mauriac
mû par un tic-tac
aurait composé en frac
le Mystère Frontenac
|
Homme ne sois pas
triste, même le chardon
possède des fleurs
J'aime le troglodyte
il est si mignon
me susurre Suzon
J'aurais aimé que
le papillon se posât
sur cette fleur rouge
amour d'un temps soi-disant
imparfait, si calomnié
Le troglodyte il
est si mignon me susurre
la tendre Suzon
Des ronciers en fleur
camouflent révisionnistes
le ballast d'Auschwitz
 
 
Il ne peut ne pas
vous offrir ces hortensias
d'un bleu je te veux
|
Un oiseau au long
chant plaintif, où caches-tu
ta douleur si vive?
je vois sur notre sapin
se mouvoir l'ombre furtive
Toute photo quelle
qu'elle soit séquence du passé
le Temps retrouvé
Le jour du marché
hebdomadaire sur la
place de l'église
à Le Cheylard, on y vend
de tout sauf des dromadaires
Au-dessus de la prairie
chasse une buse
à l'aide d'un lasso
Ne te mésestime
pas car le chardon lui-même
possède des fleurs
la religion qui t'abaisse
ne mérite que mépris
 
 
Passage à Vals-les-Bains
en juillet le matin
quelques fleurs chantaient
|
Avec l'âge
on se replie un peu sur soi
comme le papillon
Dans le champ de seigle
mille grillons crient leur joie
je me crois en France
avant Valence quand on
traverse Tain-l'Hermitage
Huit heures
la cloche se met à sonner
suis encore ensommeillé
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