José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : JUILLET 2006
Haïku d'un mois de juillet
 
 
Somzée en soirée
y tournent des éoliennes
près d'un champ de lin
me reviennent les moulins
découverts par Don Quichotte
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Premier juillet
le coucou du bois chante
c'est mon réveille-matin
Alors que j'arrose
la salade les choucas
se posent sur moi
paradis tel que les prêtres
nous l'avaient jadis promis
Sapinière
une mésange charbonnière
entonne sa prière
Dans la prairie croissent
des chardons, reverrons-nous
le chardonneret
cet oiseau aux couleurs vives
si rare dans nos parages?
Le merle siffle
la fin de la journée
élèves récalcitrants
Aux cris des choucas
je sors tends les bras, des ailes
de chaque côté
me voilà presque pareil
à l'ange Gabriel, ciel!
 
 
Sous cette éolienne
qui tourne lentement paissent
quelques vaches blanches
Tantôt sur sa Rossinante
chargeait un preux chevalier
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Le papillon blanc
se pose et applaudit des
ailes un chanteur
La vie, un torrent
de boue dites-vous? je vois
une rivière aux
eaux limpides que survolent
deux adorables choucas
Pas de Sioux pour
observer un rossignol
le bec ouvert, zut!
J'aime hégerger dans
un tanka mes deux choucas
les jours de chaleur
Ils y cherchent un peu d'ombre
et quelques vers à manger
Chant d'une mésange
l'ombre court dans la venelle
vélo au soleil
 
 
Premier soir du mois
des coups de klaxons en ville
la France est en joie
son équipe de football
a vaincu les Brésiliens
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Alors que le merle
siffle la fin du jour une
chauve-souris tourne
et tourne rapidement
sous un ciel encore bleu
Quelle chaleur!
suis cuit comme un lapin
dix pruneaux et l'on me mange
J'observe ce soir
des éphémères avec
compassion, n'oublie
pas qu'ils te montrent la voie
cher monsieur trop compassé
Méchante photo
qui révèles ma tonsure
t'as rien d'autre à faire?
Méchante photo
qui révèles ma tonsure
t'as rien d'autre à faire?
je te vomis car tu mens
ai-je jamais été prêtre?
 
 
Les thés de Sophie
pour y conter ses malheurs
dans le vieux Namur
la maman lui retira
son service à thé, plus sûr
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Au premier étage
une chaleur d'étuve
descendons à la cave
Au-dessus du champ
de colza si beau jadis
si terne à présent
virevoltent et gazouillent
les hirondelles d'été
Le choucas sur l'épaule
"mordille" l'oreille
et joue avec mes tifs
Après la chaleur
s'amène la pluie ce qui
n'empêche le merle
de chanter et nos choucas
de recevoir le baptême
L'oreille de mon
grand âge disait Buson
jouet pour choucas
 
 
Méchante photo
qui révèles ma tonsure
t'as rien d'autre à faire?
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Tant de truites sautent
dans l'onde, tant de gens meurent
dans l'indifférence
Bourrasque
le parasol s'en va brouter
dans la prairie d'à côté
Un beau soir d'été
dans le ciel de lents nuages
il a fait si chaud!
Agréable chant
du merle, un rideau oscille
entre deux fenêtres
La lune se fait
petite mais accueillante
la Meuse l'invite
 
 
Givet, match de foot
je vais supporter la France
pourquoi? parce que
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La lune se fait petite
mais accueillante la Meuse
tôt l'invite
De Laura
si gourmand le choucas
qu'il aboie avant de manger
Le coeur fait tic tac
tant que la tactique mortuaire
ne s'en mêle
Restaurant
attente prolongée
avez-vous attrapé l'agneau?
Tout mouillés
nos choucas sous la pluie
pourront-ils encore voler?
 
 
Des lampadaires éclairent
la Meuse à Givet pour qu'elle
ne se perde
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Douze heures et des rawètes
le merle noir au bec d'or
siffle jaune
Des rawètes?
des bouts d'heure de ficelle
ajouts de peu de valeur
En bon patriote
je sirote une Duvel
bière de Belgique
surveillant sur le prunier
les ébats de mes choucas
N'ose me montrer
fondent sur moi les choucas
stukas endeuillés
N'ose me montrer
fondent sur moi les choucas
stukas endeuillés
il ne leur manque heureux sort
que l'ignoble croix gammée
Une tourterelle
répète inlassablement
les mêmes paroles
quand est-ce que tu te lèves?
quand est-ce que tu...? t'es folle?
 
 
Dijon, ces personnes
quittent la cour intérieure
du palais ducal
s'y amusent deux enfants
que les jets d'eau émoustillent
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Au menu
non ce repas à oublier
mais ce fou rire généralisé
Montée du Ventoux
les deux derniers kilomètres
caillouteux, mariage
émouvant d'un ciel tout bleu
et d'une montagne blanche
Contraste insolite
que ce visage ingrat sur
un corps de déesse
A Montélimar
des milliers de drapeaux bleu
blanc rouge agités
frénétiquement, la foule
vibre jusqu'au coup de boule
Mur à Dornas
un petit lézard s'y prélasse
au soleil, plongeon
 
 
Au Ventoux il y
a tellement de cailloux
blancs qu'à les compter
l'on devient tout à fait fou
à moins de l'être déjà
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La dame s'observe
du coin de l'oeil, suis-je la
plus belle dans ma
robe noire? non m'entends-je
dire, tu n'as rien d'un ange
Je croyais entendre
pleurer un enfant mais c'est
un chat qui fornique
Sur un arbre mort
perchait la buse variable
son envol lugubre
et lourd de menaces pour
moi, ce campagnol au sol
Soudain du taureau
le cri rauque et répété
émoi chez les bêtes
Devisaient des morts
comme si de rien n'était
l'élégant Meurisse
Vanel Larquey Signoret
diaboliques acteurs
 
 
Uzès
au détour d'une rue
un Dante Gabriel Rossetti
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Chaleur comme à Grillon
village provençal
mais sans les cigales
"Je tuerai tous ses chefs
avec lui, dit l'Éternel"
est son amour
(Amos, 2.3)
Sous un arbre
les deux choucas picorant
à mes pieds, le paradis
Journée lumineuse
les plans d'eau sont des aimants
sous cette chaleur
Journée provençale
fontaine, t'es un aimant
par cette chaleur
 
 
Le papillon se
pose non change d'avis
se pose non change
d'avis se pose enfin? oui
heureux auteur du tanka
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Pauvre Pierre
qui aimais tant la bière
tu ne boiras cette Duvel
Près de mon choucas
sur ce banc je me prends pour
saint François d'Assise
notre oiseau sur ma casquette!
attention à l'auréole!
Des bruits de bouteilles
il fait si chaud en ce dix-
sept juillet, glouglou
Un de mes choucas
mort! je cours éploré - c'est
ma casquette noire
Un beau soir d'été
des bruits d'assiettes
la maîtresse dresse la table
 
 
La grosse chaleur
au Pont du Gard
visite plus tôt des Romains
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Chaleur au Pont du
Gard, les Romains vinrent tôt
dans la matinée
Le chant des oiseaux
je saute du lit, alerte
aïe aïe aïe arthrose
Dix-neuvième jour
de juillet, les cafés ne
désemplissent pas
trente-six degrés cet après-
midi, choucas becs ouverts
Certains papillons
se marient vite, les blancs
robe de mariée
Soleil, sur un tronc
la cigale lentement
grimpe le Ventoux
 
 
Vaison-la-Romaine
alors que coule l'Ouvèze
gros dos du Ventoux
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En chemise
car le temps nous grise
la chaleur, quelques bières admises
Ce joli fantasme
recevoir le biberon
d'une accorte dame
qui dans son trouble présente
ou la tétine ou le sein
Promenade
quelques relents de charogne
ne relirai Baudelaire
Un peu de Duvel
à mes choucas pour leur
ôter les idées noires
A ce monsieur
amoureux de bières
la dernière lui fut fatale
 
 
Retirée du monde
elle dialogue avec
son tamagotchi
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Dans la sapinière
toute noire de nuit chantent
de vibrants cricris
Soirée de juillet
une feuille jaune tombe
dénigrant l'été
déjà! dit le vieux poète
qui voit plus loin que son nez
Tombée de la nuit
toutes les lampes s'éveillent
moi, je vais dormir
Chaleur, en chemise
ces quelques bières admises
dit-elle me grisent
et votre main qui devise
regret quand je la remise
Promenade au bois
par un temps caniculaire
fraîches ces fougères
 
 
Amour étrange entre
ces jeunes choucas tout noirs
et ce vieux Chanly
tout blanc murmurerez-vous
heureux de clore un tanka
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Un choucas sur moi
j'écoute le chant plaintif
de la tourterelle
En fine chemise
avec peine elle remise
la main qui devise
votre quête trop me grise
lui susurre l'insoumise
L'homme naît puis trépasse
la lune pâle imperturbablement
passe
Deux lampes de poche
traversent la sapinière
envol d'un ramier
Réveil sous les cris
d'un corbeau freux, à ne pas
se lever vous dis-je
c'est bien simple, je me suis
rendormi jusqu'à midi
 
 
Qu'entends-je
la voix du coucou ou de l'ange
ou d'un être très étrange?
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Nos choucas ne sont
plus? ont disparu? moral
en dessous de tout
Jouy-en-Josas
en Josias roi de Juda
serait plus plausible
même si la sainte Église
réprouve de tels transports
Rentrés les choucas
toujours actifs caca par-
ci caca par-là
Un homme aviné
des noces de Cana rentre
cahin-caha boum!
L'épouse se lève
bâillements prise d'objets
gsm lunettes
L'épouse se lève
bâillements prise d'objets
gsm lunettes
en ordre inverse, le nombre
de pieds m'imposant ce choix
Se pose ici non
le papillon tatillon
se pose là? oui
mais repart tout aussitôt
pour se poser ici? oui
 
 
De blancs papillons
auraient-ils sur ces chardons
remplacé l'oiseau
que patiemment j'attendais
l'élégant chardonneret
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