José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
|
Le petit monde merveilleux des haïku : JUILLET 2003
Haïku d'un mois de juillet
 
 
Les gens regardaient
le fait du jour, l'abattage
d'un très beau bouleau
|
Des papillons
batifolent à trois, à quatre!
partouze
La nuit vient avec
ses nus ses soupirs ses cris
ses loirs au grenier
Je pêche des ombres
en compagnie de mon ombre
le soir tombe sombre
Sur la tondeuse en marche
se pose un vulcain
quel culot!
Des martinets fauchent
l'air avec les hirondelles
andains dans les yeux
Une pie soulève
son aile en quête de poux
sifflement du merle
Les merveilleux nuages
de Charles Baudelaire
en l'air
Vulcain en photo
dès que je m'approche il s'en
va sonner la cloche
 
 
La limace grimpe
la côte sans dérailleur
dans l'indifférence
|
Fenêtres rayées
de pluie, vifs picotements
sur ardoises grises
Des gouttes de pluie
pianotent sur l'imper
pas plus diligents
Une diligence
par des Indiens emplumés
cernée, scalps en vue
La fourmi sur l'herbe
attaque l'Aubisque
bisque
Le soleil éclaire
mes bras et veines, répit
avant les ondées
Attrait des granules bleues
une limace rouge
rit jaune
Cuité
quand il se déguise
le poivrot du village
Plus on vieillit moins
on se plaint de la lenteur
des jours, échéance
 
 
L'écureuil se coule
dans la sapinière, noir
joie de l'escalade
|
La chauve-souris
après avoir beaucoup bu
rentre au logis soûle
En deux exemplaires
m'est apparue la lune
joliment fardée
Elle émet sept coups
la cloche dominicale
chant de tourterelle
 
 
Le parasol bleu
se met à tourner à gauche
à droite, aboiements
|
La photo retient
l'instant d'un jour condamné
dix heures du mat'
La voiture s'amène
avec quelque retard, rouge
de confusion
Un pinson serine
sa chansonnette, varie
tes notes mon pote
Les chants matinaux
du coq de la tourterelle
du corps, borborygmes
Qué tchaleûr mès djins!
des poules au bec ouvert
quémandent de l'ombre
l'ombre de la tombe ajoute
une friande de vers
Sur l'arbre fruitier
brillent des pommes d'août en
juillet, rus à sec
Sur l'arbre des pommes
d'août brillent en juillet deux
mille trois, chaleur
Sèche Ardèche
dans tes ruelles d'autrefois
rôdent des marchands de coco
 
 
France ou Maghreb
oued ou rivière
le poisson est à l'étroit
|
Sous mes pas crissent
à Le Cheylard les écorces
et feuilles de platanes
Sur la place
une cigale raide d'empois
oublie de chanter
Noire la cerise
ratatinée plaît aux mouches
frémissement d'herbe
 
 
Face au Ventoux
je fus pris d'une toux
qui me vit trembler de partout
|
Me reviennent chères
les cigales de Vaison
la Romaine, en feu
Le beau pont de bois
chante encore sous mes pas
à Tain l'Hermitage
Il pleut
des dizaines d'hirondelles
virevoltent sous un ciel gris
La glycine grimpe
à l'assaut de la façade
grappes de fleurs mauves
On le choie
on quémande quelques caresses
puis vient la crémation
Des champs de maïs
m'enserrent, le temps monte en
graine de violence
La limace avance
sur la voie humide, n'en
ajoute pas une
 
 
La folle fenêtre
se pare de perles, pluie
sur des toits luisants
|
Retour à l'An 2003
 
Retour au Menu Principal