José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : JANVIER 2006
Haïku d'un mois de janvier
 
 
Revêtu d'hermine
le verger d'hiver dédie
ses plus jolies fleurs
à l'année 2006
qui croule sous les cadeaux
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Minuit, feux d'artifice
abois de chiens
qui ne sont pas au courant
En ce premier jour
de l'an nos enfants descendent
à la queue leu leu
de la chambre à la cuisine
car ils ont grand appétit
Deux femmes ensemble
composent un joli nombre
le 88
à condition d'être belles
et ma foi de même taille
La neige infidèle
nous a quittés cette nuit
morte de désir
Dans l'âtre des flammes
dansent mais que font les anges
de leurs ailes blanches
les soirs de réjouissances
les agitent-ils, aux anges?
Françoise Van De
Moortel est morte, il serait
malséant de dire
que la dame avait un nom
prédestiné, tous exit
Le chat plus malin
ne fête pas le nouvel
an, souris ne change
soucis de même nature
fruit fromage ou confiture
 
 
Orry je t'aime? mais
c'est moi poulette quand
j'ai du vague à l'âme
|
Des cris de mouettes
comme à Blankenberg en août
Namur en hiver
Maisons à gauche!
la femme aimantée par les fenêtres
défile au pas
Une carpe pète!
signale cet enfant
au parler singulier
Des soirées sans crimes
avec toutes ces lanternes
nuit un peu trop terne
comme ce poème interne
obnubilé par la rime
Qui dort dîne lui
dit-on qui dort ne fait pas
caca conclut-elle
logique comme une enfant
qui dort ne fait pas pipi
Le soleil essaie
de percer la brume mais
il s'en bat l'oeil, l'astre
Ville assoupie en
ce jour de janvier, la brume
étend ses draps gris
 
 
Le chaland s'en va
lent escorté par quelques
bruyantes mouettes
d'un sapin de Noël s'orne
la cabine, suranné
|
Folles pensées...
quand fume une cheminée
je pars en randonnée
Dix heures à Fosses
pour quelques flocons épars
la luge ne part
Quand de la fumée
sort d'une cheminée
mes pensées en allées...
Quelques rares flocons épars
mais tu... tu bégaies
ma pauvre vieille!
Écoutons Barbara
et non Barrabas
à Jésus préféré
La vie est un parcours
de steeple-chase
choir, mais pas mortellement
La neige nous quitte
mais persiste par endroits
retour éminent
proclamait mon parrain Jules
du haut de ses soixante ans
(Jules Puissant 1883-1965)
 
 
La ville s'éveille
un matin de janvier en
tenue de gala
le givre à défaut de neige
habille son corps de gaze
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Le village d'Aisemont
perché sans fromage
porte bien son nom
Ces nobles chevaux
je les verrais bien dans cette
bataille de San
Romano décrite par
l'incomparable Uccello
Alerte dans le ciel
des corbeaux af-freux nous survolent
grippe aviaire
Dans la nuit quelques
cris de prédateurs crochus
pour des proies trop faibles
oeuvre du Seigneur en vue
d'harmoniser notre monde
Comme les poètes
chinois ou persans buvons
pour ne pas pleurer
L'ange se détourne
mais le diable me regarde
avec sympathie
un pécheur intéressant
murmure-t-il avisé
 
 
Août 14, l'ange
exterminateur fond sur
la gent taminoise
plus de 400 victimes
en sang sous ses sombres ailes
|
Si quelqu'un vous gifle
ne tendez pas gentiment
l'autre joue, cognez
Durant la nuit
il va dans un pot faire
pipi, réveil d'une mouche
La neige en partance
mais son souvenir est vivace
dans le cri des agasses
Sommes des milliards
de personnes avec nos
tout petits problèmes
qui peuvent s'avérer lourds
de conséquences, exit
La pluie flagelle
une fenêtre qui n'en peut
mê fait le bouton
Dubitative
devant la lettre étalée
que va-t-il m'advenir?
Des arbres se fondent
dans la brume tels ces morts
dans le souvenir
 
 
Surface gelée
du bras de Sambre, un héron
ahuri n'a garde
de sourire, il aimerait
ouvrir le congélateur
|
Arthrose cirrhose
quoi d'autre en cette année rose?
ose! un spéculoos?
Chant plaintif d'un oiseau
qui se plaint de l'hiver
manque de copains
Bruit de mobylette
je suis dans mon lit douillet
sans le féminin
un coq tance ce matin
trop lent à se dégourdir
Le monde mystérieux
des eaux mortes gobant
le soleil couchant
Quel est ce chant en
janvier dans la sapinière?
pourquoi ces deux notes
aventurières? bonheur
d'une flûte traversière
Quelques canards vont
sur l'eau comme Jésus au
lac de Tibériade
ils marchent sur la surface
gelée d'un bras de la Sambre
 
 
La ville aux mains de
pyromanes n'est plus qu'un
immense brasier
hors des vieux murs le curé
songe à Sodome et Gomorrhe
|
Des photos pour sauver
de l'oubli quelques moments
de la journée
Une poule chante
j'ai pondu pondu la grippe
aviaire couic!
Le coq glorieux mais
victime de ses fréquentations
coït? couic!
Curieuse façon
de traiter les animaux
quand ils nous menacent
on les jette dans des sacs
on les tue sans état d'âme
L'écureuil roux sort
de sa léthargie afin
d'apaiser la faim
qui le tenaille en mangeant
des cacahuètes sous l'arbre
 
 
Allô mamy?
le match de foot est remis
Mac Adam l'a voulu
|
De la fumée fuit
l'est par peur panique de
l'armée rouge sang
Ce soir de janvier
la lune inquiète n'a pas
mis sa mini-jupe
il y a beaucoup trop d'hommes
en rut qui? qui la reluquent
Quand je vois le corps
nu de Pauline Lafont
dans "l'été en pente
douce" et ce qu'il est depuis
devenu ne peux le croire
Pinocchio le nez
du héron s'allonge quand
j'arrive à vélo
Quand je vois le corps
nu de Pauline Lafont
Dieu de Clotilde! et
ce qui lui est advenu
Clovis je ne te suis plus
Pluie depuis la nuit
la fenêtre ce matin
a bien du chagrin
 
 
Sous son parapluie
fleuri s'en va une dame
de Fosses-la-Ville
offrant la photo du jour
à son vieux mari l'artiste
|
La même personne
qu'hier face aux éléments
sous son parapluie
fleuri, quelques pâquerettes
d'hiver croissent dans le pré
Devant le château
de Bossière des symphorines
boules de neige
Des chiens hurlent à
la mort mais pour qui mon Dieu?
l'embarras du choix
Rue de la Croix Rouge
des chiens hurlent à la mort
mais pour qui mon Dieu?
n'ai que l'embarras du choix
répond un ange du ciel
Les cheminées fument
du tabac de la Semois
en ce matin froid
Chablis, vieux verger
vivant ses derniers moments
photo-souvenir
 
 
Chablis, vieux verger
vivant ses derniers moments
photo-souvenir
d'un temps qui ne sera plus
cueillir les fruits de nos arbres
|
Ces nuits d'hiver sont
froides, les cheminées fument
le sol s'endurcit
Les vers se la coulent
douce car ces merles sur
la terre gelée
ne sont pas inspirés, plus
d'alexandrins ni de rimes
Froid et sol enneigé
la cloche allègre sonne
en ce matin, clair
Merles dépités
dans la neige, trop voyants
même pour myopes
le chat du voisin pourrait
les yeux fermés les croquer
Du viaduc
des étangs des bois des ducs
chouette! le clocher
Un merle en tenue
de curé recherche Dieu
sous le noisetier
et subséquemment des vers
pour composer son poème
 
 
Un bateau franchit l'arche
avec ses drapeaux
de l'ombre à la lumière
|
Une épeichette en
visite chez le noyer
l'épouille ouille ouille ouille!
Malgré le gel il
poursuit sa merlette histoire
de se réchauffer
veux-tu me laisser tranquille?
dit-elle à cet emprunteur
A petits pas sur
un sol gelé le facteur
va de boîte en boîte
Film avec Louis
de Funès et Maillan, deux
macchabées en verve
Ce matin devant
la porte un petit oiseau
qui fait le gros dos
pour lutter contre le froid
un troglodyte mignon
Un scoop, à Moustier-sur-Sambre
coule la Sambre
de janvier à décembre
La maison nickel
le chauffage central, tout
sauf la poésie
des bûches dans l'âtre ouvert
sous un piquant courant d'air
 
 
Le photographe au bas
de ce paysage glacé
a signé
|
Qui vois-je au milieu
du pré gelé? l'écureuil
des plus éveillés
les oreilles au soleil
quelques bonds et puis parti!
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