José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku :
LES RICHES HEURES D'UN HAÏKISTE
Au cours de mes promenades, j'ai cueilli ces haïku(s), petits poèmes de trois vers célébrant les humbles faits qui font le sel d'une journée.
 
 
Le saule ébouriffé
tête de Breughel le Vieux
visitée par le vent
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Sur un arbre nu
le nid
ses habitants ont fui le Kosovo
Acrobaties d'un héron
plongeant comme le fou
de Bassan
Pluie
sur le toit d'une caravane
sonate en sol humide
Sens interdit
chat s'y engage
chat alors!
 
 
Trois zéros
survolant Pearl Harbor
vous foutent en l'air les mathématiques
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Une vache s'étire
puis pisse
toute la misère du monde
De la haie
gicle une ribambelle
d'oiseaux fuyant l'école
Des gouttes ensoleillées
femme qui sourit
malgré son chagrin
Des personnes se promènent
pions
vers l'immanquable échec et mat
Infarctus
à bien prononcer
même si c'est une sale bête
Sang
où logent les rouges
bouffés par les amis du tsar
Une dame
descend l'ave - nue
nonchalamment
Le soir
s'envolent de sa couche
d'oblongs et capiteux péchés
Dans sa nacelle
un faucon crécerelle
bat des ailes
Muret
l'échine d'un chat blanc
ondule. Souris!
Pétale
larme du prunier
qui pleure sa beauté
Sur le tronc
deux yeux noirs qui me dévisagent
Redon
Herbeuse fourche
de tes jambes
myosotis
Elle se penche
de façon charmante
au feu!
Les seins hors de la robe
tu cueilles
mon désir
 
 
En se dévoilant
tes seins ont souri
souricière
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Dans les sombres taillis
le choucas n'est plus
là. Si!
Le bosquet s'enferme
dans ses feuilles
et ses dires
Pluie. La mare
collectionne les zéros
de conduite
Buse variable que je déloge
mouvements d'aile
silence
Nu de jeune femme en 1900
corps beau
kroa
Dans le pré tondu
deux pies
deux nonnes déambulent
Les marguerites
rient jaune
sous leurs coiffes bretonnes
Sur une scarole
chute d'une feuille de bouleau
dodo
Un homme se mouche
puis reprend sa tâche
plus léger
Une libellule ausculte
l'orée
de la sapinière
Un papillon sémite
monte à l'échelle
de Jacob
La demi-lune fond
durant midi
voile arachnéen
Sur la voie
des plumes éparses
crime impuni
Dame épeichette
promène son petit pic
chic
Bleuets et campanules
notes bleues
sur mon piano-bar
Très jolie femme
note Pepys
en seize cent soixante-six
Charivari de corbeaux
dessus ma tête blonde
heu! chenue
Cri du corbeau
je rêve d'un oiseau
qui dirait zut à ses gènes
J'espérais de ce vulcain
faire un copain
zut!
Cinq heures...
cocorico! écho
réveil des merles du verger
Feuilles de noyer
sous les pas
chips que l'on croque
La pâquerette amorce
son repli nocturne
recueillement
 
 
Le calot tout blanc
de givre
la maison fume une pipe
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La queue blanche
du lapin
me fuit avec entrain
Cimetière
chacun lance un peu de terre
tel un chat
Les scaroles
sous la bâche bleue
des feuilles amerrissent
Le chien me suit
marche après marche
et moi, qui suis-je?
Figé dans le froid
tel un igloo
le héron hausse le cou
Des éphémères
jouent à l'élastique
et toi?
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