José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.

  *** José Chanly ***  

Le petit monde merveilleux des haïku :
LA FILLE AUX CHEVEUX DE LIN


A la beauté et à son corollaire, le divin désir. (HAÏKU FESTIFS)



                     
La fille aux cheveux de lin
quelques notes de Debussy
magie


Votre beau visage
promet si j'étais moins sage
d'autres paysages
si j'étais moins sage? ôtons
tout de même ce corsage


Quand les seins rebiquent
je rêve de liberté
de don de soi


La jeune femme se penche
de façon charmante
au feu!


En se dévoilant
les seins ont souri
souricière


Heureuse fourche
de ses jambes
myosotis


Flirter dans les champs
par une belle journée
d’automne et s’entendre
dire parmi tous ces taons
d’ailleurs absents pique-moi




                     
Que font là ce blue
jeans cette chemise claire
superfétatoires


(photo : Antonio Cazorla)


En fine chemise
avec peine elle remise
la main qui devise
votre quête trop me grise
lui susurre l'insoumise


Champ de seigle soyeux
le jardin secret
d'une blonde aux yeux bleus


Les seins couvés
par des cupules
qui n'ont ni rime ni raison


Deux jeunes filles
deux juments de race
hennissements


Elle possède un de ces derrières
qui s'exprime en français
ma chère


Cette jeune fille
aux cheveux de lin m'enchante
aussitôt je chante
les notes impressionnistes
du grand Claude Debussy




                     
Le nu d'une femme
bien en chair en 1900
corps beau, kroa


Je choisis la mise
d'une Élise, sans chemise
pour qu'elle se grise
loin des prêches d'une église
de caresses non admises


Jolie femme
note Pepys
en seize cent soixante-six


Le papillon se pose
sur une fleur étincelante
amour


Le corps en 8 de la femme
dont mon petit 6
est des plus friand


Ah, l'ombre du merisier
qui m'accueille aussi fraîche
qu'un baiser


Jouvencelle aux longs cheveux
cavale des steppes
mes étriers!


Généreux ses seins
tremblotent durant le match
de tennis, censure
d'un mot trop leste arrimé
ne retenons que l'émoi




                     
Moi
homme de peu de foi
je ne désire que toi
je ne désire que toi et moi
dans le même lit
défait
pour sonner l'hallali
taïaut! et autres cris
pour sonner l'hallali?
Tue-moi!

Moi
ressuscitée d'entre les morts
je ne désire que toi
je ne désire que toi et moi
dans le même lit
défait
pour sonner l'hallali
taïaut! et autres cris
pour sonner l'hallali?
Reposons-nous
veux-tu?
peau contre peau
dodo...


Beau brin de fille
sais-tu rougir
ô cerise encore un peu sûre?


Je m'en confesse
ai mangé des yeux
ses demi-fesses mues


Elle s'évase en
s'assoyant la jolie femme
à l'accent flamand


Si vous connaissiez
voisines ses scénarii!
chante un canari


Femme déjà
de par l'ensellure
tel un fruit précoce et mûr


Certains soirs
s'envolent de sa couche
d'oblongs et capiteux péchés



                     
Yakshi*
si! pour tes seins opulents
ta fente souriante

(* déesse des arbres, en Inde)


La voiture abrite
deux amants, seule
la buée est pudique


Traces de pneus humides
comme la sente
de la passagère


Ah, la fleur du marronnier
je pense à toi, mon amour
disait-elle


Nue on entre en elle
telle une truite
entre deux pierres moussues

---

Vivre malgré l'âge
en amoureux fervent, dire
à la belle image
fais-de moi ce que tu veux
serais-tu maso, vieux con?

pardon?

qu'entends-je mon ange?
et sourd en sus de tes rides!
reviens me voir pot
de colle avec la bagnole
un beau chauffeur et du fric!

couic!

---

Elle était ma Danaé
j'étais sa pluie d'or
quand elle mourait


D'une robe le lobe
d'un sein remplit
l'oeil d'opprobre, nenni!


Jolie la négresse
dans le rétroviseur, quelle
pub pour Calcutta


Quand se meut avec
art ton popotin
je me fais chrétien
pour la bonne cause
voulant communier
sous les deux espèces
ta salive-vin
ton corps comme pain
sur le grand autel
d'une sainte église
où sans ta chemise
tu dirais tout bas
vite, mange-moi!


Ô senteurs de juin!
fleurs du sureau? seins
de vierge? églantines? foin?


Femme au corps
délicieusement fendu
seule source d'absolu



Puis-je entrouvrir votre corsage
pour égayer le paysage
sans plus?
puis l'effleurer des lèvres
en signe d'amour
sans plus?

                     
j'aimerais tant vous délivrer
d'une robe qui vous étouffe
sans plus?
vous demander d'entrer en vous
pour m'y perdre sans plus?
puis-je?


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