José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.

  *** José Chanly ***  

Le petit monde merveilleux des haïku et des tankas : DECEMBRE 2008

Haïku et Tankas d'un mois de décembre




               
Laneffe en liesse
car hululent la nuit ses
amis les hiboux
qui sortent sans leurs bijoux
par peur d'attraper des poux


Le prunier reçoit
des mésanges charbonnières
ce matin d'hiver


J'entre dans mon bureau
que deux feuilles de bouleau
squattent, hello!


Le chant du pivert
en cette fin d'automne
étonne tant il tonne


José surveille ses deux
choucas grands amateurs
de chocolat


Le malheur
animal sauvage qui griffe
et fait saigner le coeur


Il ronronne fort
notre vieux chat quand j'arrive
avec son repas




               
Rutebeuf dans sa
Griesche d'yver nous parle
de ces mouches blanches
qui malmènent son bien-être
voyez-les à la fenêtre

(Fosses-la-Ville)


Je réfléchis dans
mon lit au nouveau jour, que
me réserve-t-il?
un lever quatre repas
et tel Louis le coucher


Notre chat toque à
la porte réclamant sa
pitance, patience


Mes seins pour le lait
non! car je récuse cette
détermination
je veux mener ma barque en
eau trouble avec mes amants


Le sapin penche un
peu telle la tour de Pise
le roitelet à
triple bandeau serait-il
responsable de cela?


Seins comme aliment
à offrir à des enfants?
non! je m'en défends
je veux mener ma barque en
eau trouble avec mes amants


Que fais-je durant
ce jour? j'inspire j'expire
avant d'expirer


Un ciel de décembre
avec un astre à éclipses
assez circonspect
que faire en cette journée
qui fête Jean de Ruysbroeck?




               
Il connaissait Pesche
cet homme gris, heil Hitler!
entonnaient ses sbires
raides comme des piquets
à la vue du moustachu

("Le Repaire du Loup de Hitler",
à Brûly-de-Pesche, en Belgique)


Dans la sombre rue
avenue des combattants
tu parles! la lampe
nous dévoile des flocons
mon coeur chante alléluia


Un rai de lumière
de plus en plus clair, c'est clair
ce matin s'éclaire


Venu du verger
ce cri du premier oiseau
clame un jour nouveau


Ô neige de l'aube
blancheur des maisons voisines
de l'âme enfantine
de la robe de mariée
des mots sur le tableau noir


J'urine
le jaune en neige chemine
jusqu'à la délivrance, terre!


Il ne neigeote
sur les pleurotes
qui ont quitté nos bois et nos plats


La plupart des toits
de Fosses-la-Ville sont
blancs, les cheminées
dans le voisinage fument
du tabac de la Semois




               
Dans ces branches blanches
volent et chantent de branche
en branche des anges

(Fosses-la-Ville)


Vont sur le pavé
le long de la voie les pas
vains d'un sursitaire


J'aime ce bruit des flaques
gelées qui craquent quand
je passe à vélo!


Que j'aime ce bruit
des flaques gelées qui craquent
quand sur mon vélo
je passe dans ce chemin
blanc de givre! un merle crie


L'arbre tour de Pise
penche tendrement la tête
quand s'y pose à l'aube
le roitelet à bandeaux
qui de plaisir fait le beau


Un faucon querelle
cherche aux bêtes de nos champs
c'est le crécerelle


La foulque allergique
aux foules de même qu'à
ce promeneur crie


Gros-bec toi qui vins
durant quelques jours d'hiver
avec tes couleurs
vives colorier nos jours
gris, quand nous reviendras-tu?

(grâce à "www.web-ornitho.com/chants")


               
Très satisfait notre
bonhomme quand on s'occupe
de lui, tout sourire


J'étais à coup sûr
jaloux tel un Andalou
c'était mon bijou
qui me rendait dit-elle mûr
pour un asile en Poitou


Oh la belle buse
aux ailes gris clair de quoi
griser les mulots


Allez! enfants
de la Patrie? du Monde!
défendez les opprimés!

(10 décembre 2008 :
journée internationale
des droits de l'Homme)


Nos ardoises ont
mué cette nuit, poissons
aux écailles blanches


Aboiement d'un gros
chien, mon vélo prend la poudre
d'escampette pleutre!




               
Namur, s'y promène
une jeune dame amène
amen! dit l'artiste


Le voisin promène
son mâtin tôt ce matin
quand l'aube se lève
s'amène une dame amène
amen fait l'ange gardien


Sous le noisetier
deux geais picorent, subit
envol de croupions


Le merle dérange
les feuilles à la recherche
d'un message, mange


Comme l'impression
que la lune est double, aurais-je
encore trop bu?


En ce soir de lune
claire les toits des voitures
blanchissent, feux rouges


Une fumée grise
lentement s'élève dans
le ciel namurois


Une fumée grise
lentement s'élève dans
le ciel namurois
pour former un phylactère
j'y lis, il faut un i grec




               
Bitte d'amarrage
le long de la Sambre, sur
l'eau l'oiseau se pose

(Auvelais)


Sept personnes en
salle d'attente, aucun bruit
sommes-nous punis?


Certains soirs la lune
me sourit à la fenêtre
telle une amoureuse


La reine des pin-
up est morte à quatre-vingt-
cinq ans, Bettie Page
jadis je la vis en page
avec mes yeux d'enfant sage


La fumée
de cette cheminée
par un vent très froid fouettée


Mon souhait? mourir
avec des dents blanches pour
ne pas rire jaune


La lune en quête de fruits
visite notre verger
Alzheimer




               
Quiétude du parc
une fumée grise sourd
d'un de ces toits bleus

(Ciney)


Le clocher délivre
l'air des Chinels puis sept coups
il est dix-neuf heures
en ce froid douze décembre
de l'année deux mille huit

(Fosses-la-Ville)


La fumée se noie
dans la brume, des noms sur
les tombes s'estompent
au grand dam de locataires
certains défunts font le mur


Ne sommes coucous
sans enfants ni parents, vient
le temps des étrennes

Chante le coucou
qui n'a parents
ni enfants!
(Buson 1716-1784)


Je suis en congé
jusqu'au jour de mon décès
plus heureux que moi...


J'aime les haïkistes
japonais bien plus aimables
que tous leurs soldats!
ma sainte trinité? c'est
Issa Buson Bashô, na!


Le soleil a fait
grève durant ce jour gris
souris ou pleurniche
le tout sans trop réfléchir
afin d'en humer l'essence




               
Il est dix heures
Ciney s'éveille avec Jacques
Dutronc près de ce tronc


Toujours surpris face
à ces traits qui me rappellent
ceux d'un cher défunt
lui sans se soucier de mes
vagabondes pensées passe


Que cherche cette belle?
une stalagmite
à placer dans sa grotte


A San Francisco
en face d'Alcatraz
un mec roule à vélo

(webcam 10:13 am)


Les Zero vous foutent
en l'air les mathématiques
et notre orthographe


Zéro de conduite
pour ces avions japonais
frappant Pearl Harbor


Les Zero vous foutent
en l'air les mathématiques
et notre orthographe
quand ils sont des avions du
Japon frappant Pearl Harbor




               
Qu'il fait gris! et dire
que la neige tombe peut-
être à Kyoto!


Belle matinée
en tant qu'émule de Jean
de La Fontaine et
de sa fourmi je ramasse
des bûches pour la soirée


Un merle feuillette
le verger à la recherche
de beaux vers, lis-moi


Un merle feuillette
le verger à la recherche
de beaux vers, lis-moi
m'entends-je lui dire avec
un peu trop de conviction


Notes noires sur
fond jaune, c'est la chanson
d'une charbonnière


Vont entre les têtes-
de-moineau, houille en petits
morceaux quelques flammes
ce sont des cheveux en feu
dans cet âtre de décembre




               
Ce 19 décembre
la collégiale de Fosses
indique 13 heures
6 sous un ciel où voyagent
lentement de blancs nuages


Montréal sous neige
de même que Madison
Square, qu'en est-il
de Moscou? une webcam
répond de suite, temps sec

(samedi 20-12-2008, 13:38)


S'il pleut sur la ville
rien ne tombe dans mon coeur
monsieur le poète
car Brassens m'offre un p'tit coin
de son ample parapluie


Un hérisson vient
boire le lait de mon chat
gris qui n'est plus là


7 heures 27
ce 23 décembre deux
mille huit, un rai
au-dessus des rideaux naît
des bruits au rez-de-chaussée


Soleil ce matin
s'envolent bien des chagrins
les légers du moins


Soleil à midi
viennent à la queue leu leu
sourires et rires
rires et sourires et
rires et survient le soir


Joyeux Noël! font
les gens sans trop songer au
bébé dans la crèche
qui s'endort avec les boeufs
l'âne Marie et Joseph




               
Tous ces troncs que font-
ils donc ? ils chantent les airs
de Jacques Dutronc

[Thozée (Mettet)]


Peu de visiteurs
sur mes sites ce mois-ci
pas de fortes neiges
de tempêtes pour comprendre
snif! cette perte d'audience


L'un des habitants
du Soudan s'est promené
parmi mes poèmes
ce matin, je lui souhaite
bonheur et prospérité


LA RADIO CLASSIQUE DE MONTRÉAL

En cette veille de Noël
j'écoute avec un certain bonheur
la radio classique installée
à Montréal le long du Saint-Laurent
qui charrie peut-être
des blocs de glace sur lesquels
campent des ours polaires!
j'entends parler de brunch de lunch
de poissons et de fruits de mer
pour les fêtes de fin d'année
de sirènes sortant des flots
pour venir consoler
les célibataires en mal d'amour
de températures nocturnes
avoisinant les - 22° celsius
avec - signale le météorologue
un risque de poudrerie
à la tombée du soir
puis comme pour me récompenser
d'avoir accompli un si long voyage
on me fait écouter
le concerto pour violoncelle
en mi mineur d'Antonio Vivaldi
le paradis des sens vous dis-je



Du lit entendons
le chat jouer du tambour
sur la porte, a faim


Une tourterelle
sur son fil chante Joyeux
Noël d'un air triste


Vierge de Czestochowa
noircie par toutes ces fumées
d'Auschwitz


Sous la bise j'ôte
des feuilles de houx pour faire
la bise à Noël




               
Ce soir de Noël
avec la chapelle Sainte-
Brigide en extase
si vous daignez enlever
à la sainte le tiret

(Fosses-la-Ville)


Une tourterelle
turque à la voix de coucou
chante sa complainte


De l'orée du bois
sort une buse en français
peut beaucoup mieux faire


Des toits blancs de givre
une cheminée qui fume
la pipe, l'hiver




               

Dans ma Suzuki Jimny je m'amène le long des berges
de la rivière, à Mornimont. M'accueillent les foulques
au cri de trompette de Jéricho, car j'ai mes lettres, moi, monsieur!
A part elles, le silence...
Point de rixes, de récriminations, de bruits de bottes, de bombardements.
Quelques lumières féeriques... Une oasis. Le paradis.


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