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Chanlyneries
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Un merle feuillette le verger à la recherche de beaux vers, lis-moi m'entends-je lui dire avec un peu trop de conviction La prairie évoque de plus en plus Pissaro Picasso vous dites? Vous rimez Élise avec notre sainte Église bien que votre mise robe envolée et chemise ouverte prêchent la prise Ce grand arbre sans son feuillage et Dalida ne chanteront plus Tous les hommes forts qui m'ont précédé sont morts qu'entreprendre alors pour éviter un tel sort à mon cher et faible corps? La lune voilée ce soir va-t-elle se rendre de nuit au Qatar? Pluie pluie et puis pluie les limaces toutes grasses jamais ne s'en lassent pluie pluie et puis pluie coassent quelques grenouilles cocasses Dans le pré la pie de vers en veine et moi d'un verre de verveine Je m'écarte afin de ne point écraser une petite araignée qui mérite autant que moi de terminer sa journée Mon petit-fils a joué au foot à Verdun d'autres à la mort Ô neige du soir blancheur des maisons voisines de l'âme enfantine de la robe de mariée des mots sur le tableau noir Le prunier du lit sort en étendant son ombre une branche bâille Jeune fille j'aime votre encorbellement qui m'incite à téter de beaux seins remplis de rêves et d'un nectar rendant ivre Une chips a plus de goût qu'une hostie, c'est tout ce que je puis dire Ce matin d'hiver quand je sors de ma maison le chant du pinson m'arrive plus volontaire que la voix d'Adolf Hitler Draps froissés par suite de positions incongrues durant l'entretien Sophie me sourit en dégrafant savamment son chemisier blanc tabernacle d'un seul Dieu en deux personnes, prions Le prunier malgré son arthrose est en fleur pour plaire à ses abeilles Une jolie femme passe, je vais consulter mon rétroviseur deux mots s'échappent de mes lèvres impures, quel c...orps La joie vive glisse comme une savonnette entre mes mains tavelées car me sens encore jeune et amoureux de la vie Midi le troglodyte mignon me souhaite bon appétit Encore une nuit à collectionner sans bruit jusqu'à l'aube, fruit d'un dimanche qui a fui aux douze coups de minuit Une coccinelle atterrit sur le nez, va pour la chiquenaude L'arbre jour et nuit vit entre des barbelés jour émoustillé par quelques mésanges bleues nuit par la lune embelli Des feuilles sans colt ni chapeau de cow-boy crissent sur le macadam Successivement s'entendent merle et pinson et la charbonnière qui déverse dans le poêle quelques notes cristallines Cent mille morts en Birmanie? c'est si loin je ne les vois pas bien Qu'attends-je mon ange? ni les beaux appas en transe ni la transhumance en mai de belle-maman j'attends le chant du coucou L'éclipse de lune elle est encore bien ronde avant la rencontre Deux poneys au pré période des amours car le mâle ennuie l'autre qui décoche des ruades tu n'es pas mon camarade L'oiseau est toujours sur le qui-vive tel l'homme que l'âge amidonne Sur la Place Rouge Basile le Bienheureux chahute Lénine qui n'a pas tel le Christ-Roi régné durant deux mille ans (Basile dont on célèbre la fête le 2 janvier) La limace avance en respectant les limitations de vitesse Mon prof de musique le frère Clément est mort une fausse note Nourrir le chat puis le lapin sans merci ni de l'un ni de l'autre mourir vieux sans faire naître chez quiconque un seul regret Reste! supplie-t-elle ruisselante de désir va ferre et me mange! J'ai vécu soixante- neuf printemps des plus amènes alors que suivront sautant l'automne et l'été quelques hivers en pantoufles Le haïku a l'âme d'un Chardin puisqu'il ne traite que de petits riens Ce matin de mai j'ai semé des radis pour que nos petits croissent en sagesse et du cresson pour qu'ils sachent leurs leçons Un samedi soir sans bal pour ma pomme trop mûre, Eve est ailleurs Ardoises givrées de notre cuisine, écailles de truite meunière hi hi pouffe le poisson rouge amateur de bons mots Le grésil, la Sambre a la chair de poule comme une fille nue Fête à l'horizon le chagrin monte au mur de ma pauvre raison dès que les gens font ribote quelque chose en moi sanglote Dans le pré d'hiver des pies cheminent à la queue leu leu, deux nonnes De ma chère épouse jamais le GSM ne chôme tandis que le mien durant le jour dort nul ami pour l'éveiller Quand la femme l'oeil n'allumera plus, bois mort serai devenu Ils se sont foutus de ma poire ces connards mais depuis que j'ai des seins et un beau derrière ils me vénèrent, trop tard Un corbeau freux rentre au logis le soir en croassant émouvant Je sonne elle entrouvre et la porte et son peignoir superfétatoire est-ce une ruse d'amour me dis-je? elle me sourit Il se dit fort en dictée malgré toutes ses fautes d'orthographe Je sonne elle entrouvre et la porte et son peignoir superfétatoire je me vois au réfectoire dégustant deux jolies poires Vent, les feuilles dans la cour de récré s'amusent comme des moineaux Une balade à bicyclette en espérant ouïr l'alouette brouette! pas d'alouette m'en reviens à bicyclette Avec cet air mi- figue mi-raisin j'ai presque de quoi déjeuner Comme à Sobibor nous tuâmes nos gardiens qui avaient sur nous droit de vie et de mort, joie d'étrangler cette vermine Bonhomme de neige fond comme homme dans sa bière versons-nous un verre A l'aube j'entrouvre la fenêtre, des lumières et le chant d'un coq sans Voltaire ni Denis Diderot, cocorico! Ermeton-sur-Biert le plus d'alcooliques au km2 Il pleuvait hier sur une robe légère en moi s'imprimèrent profondément tes fruits verts à ne croquer qu'en hiver Sur l'arbre tronqué et non pas truqué, mon chou se pose une pie Quelques canards vont sur l'eau comme Jésus au lac de Tibériade ils marchent sur la surface gelée d'un bras de la Sambre L'homme, un paon qui fait la roue sans le savoir du bonjour au bonsoir Tous les oiseaux chantent le soleil, des troglodytes mignons aux pinsons en passant par les mésanges dont l'âme est proche des anges A petits pas sur un sol gelé le facteur va de boîte en boîte Le vent fort m'enchante tellement que j'en invente jusqu'à l'épouvante des ânes et de volantes gens comme chez Chagall chantent Sur l'arbre se cache un ballon blanc blessé par tant de coups de pied La voix aigre vient de la sapinière, c'est le fameux pic-vert qui rêve tête à l'envers en récitant du Prévert En prenant de l'âge on chope différentes choses un rien moroses Sais-tu que la lune de Pampelune de prunes sans payer de thunes se sustente en oyant l'une ou l'autre rumeur nocturne? Cet homme promène son chien ou l'inverse, tous deux tenus en laisse Je suis vraiment bien en compagnie d'un bon vin né au bord du Rhin et de mon ange gardien qui grisé chante un refrain Sous l'arbre d'hiver se meuvent légères deux mésanges charbonnières Il ventait très fort ce soir lorsque Rutebeuf m'envoya un fax pour se plaindre de tous ses amis qui auraient failli La phrase fait tilt j'avais une mère mais pas une maman La pie prie son dieu bicolore, le corbeau pieux son roi nègre La lune est encore empêtrée dans le branchage de notre prunier vais donc la décrocher en espérant un doux baiser Ne joue-t-il pas à saute-mouton avec notre pont bossu le ru? Notre chat est sourd comme un pot, trop de musique durant sa jeunesse Cette marche geint comme elle geignait du temps de mes grands-parents ils logent au cimetière amaigris par le carême Une souris entre les crocs du dodu matou gris voyage à l'oeil Je dis bien dans une descente l'escargot accélère sous l'averse L'ange se détourne mais le diable me regarde avec sympathie un pécheur intéressant murmure-t-il avisé Durant la nuit il va dans un pot faire pipi, réveil d'une mouche Arthrose cirrhose quoi d'autre en cette année rose ose un spéculoos Notre vieille chatte quand elle étire ses pattes semble recevoir quelle attitude comique des décharges électriques D'une cheminée la première fumée de l'année, avinée Tableau pointilliste que ces flocons en voyage délicieux Seurat Un Noir broie du noir chez nous en hiver malgré sa peau noir charbon il grelotte sous la toque pleurant son soleil qui toque Il se tord le cou chaque fois qu'il lance son slogan le coq blanc Le soleil de midi fait la cour à la neige qui mouille, ô mon Râ Mon père et ma mère deux êtres qui devraient m'être chers sont morts sans bruit comme si je me servais d'eux pour traverser le temps La solitude ça n'existe pas quand on est jeune riche et beau Dinant la Rebelle connut Sax et le sac par des soldats cruels Dans mes rêves fous roule une voiture bleue au volant la fée aux cheveux de lin, aux seins liqueur d'immortalité Dans le pré picorent le coq blanc et son harem cinq poules soumises Malgré la chaleur ce cri d'un rapace dans la nuit noire me glace José d'un an moins jeune est en ce mois de juin revenant hélas trop souvent le visiter ce qui le fatigue bien Ce corps choyé ne sera pas voué aux vers mais aux vives flammes Un petit seau rouge assis dans le pré tressaute de joie sous les noix Oh le grand bonjour quelle mouche l'a piqué le lendemain je lis son nom dans le journal sur la liste électorale Grand-Place de Bruxelles au mois d'août toutes les langues de Babel Le lapin du voisin vient manger ma salade envie d'un civet En se dévoilant subitement les seins ont souri, souricière Je vous confesse ô ma prêtresse des visées sur les reins les fesses sans oublier ces bas vos merveilleux bas à ô t Monsieur fanfaronne j'en ai fait hululer sous la lune plus d'une Depuis dix neuf cent sept l'ancêtre sourit sur la photo, c'est trop Le choucas picore à droite ou à gauche encore et encor m'offrant le ton de Verhaeren en son moulin qui tourne et tourne Sur le chemin la trace d'un sabot don Quichotte de la Manche Il a bien dîné notre grand homme, reste à faire un gros caca Voilà la pinsonne sur un prunier qui klaxonne quand ses prunes sonnent bruits ouïs par la personne née un soir à Carcassonne Le héron au long bec emmanché d'un long cou abrège! s'envole Tous les hommes forts qui m'ont précédé sont morts oiseau pour le chat La jeune épeichette recueillie puis relâchée escalade un tronc non sans m'avoir gratifié de deux ou trois coups de bec Crâne brillant comme la coquille d'oeuf? évitez Christophe Colomb Le chat ronronne en ma présence, peu de gens chers en font autant Les fumées d'Auschwitz auront pendant de longs mois noirci le visage d'une Vierge polonaise habitant Czestochowa Du bois me parvient le cri d'un faisan au col blanc sans porte-plume Aux enterrements rarement vais au mien c'est suffisant j'irai Sur la table, oblong ce caillou blanc du Ventoux nous rappelle en cet hiver qui m'entend tousser les cigales provençales Thozée, les oies blanches n'avertissent personne n'étant du Capitole Un merle noir siffle au passage d'une dame oh le malappris Un oiseau qui n'a pas composé la sonate à Kreutzer nous chante les deux mêmes notes tristes jamais une diversion Neuf heures! bonnet blanc sur la tête les pâquerettes dorment encore Une ombre au-dessus du chemin caillouteux plane c'est le corbeau freux Chant et queue dressée le troglodyte mignon rend les femmes seules rêveuses, il est si vif notre petit bout de chou Sur la Sambre un lourd chaland si lent face au vol de trois cormorans Papy! le pivert picole dans la prairie picore mon chou J'aperçois le long d'une corde imaginaire grimpant à l'assaut du ciel ma toute première alouette ivre de notes Le tout premier chant de la tourterelle turque en ce jour de l'an Beauté yeux écarquillés il récite son bénédicité L'herbe oscille sous le vent pendant qu'un faisan lance ses deux notes rauques dans le sous-bois, prends donc ce sirop pour la toux L'homme et l'arrosoir ce soir, des fleurs seront contentes cette nuit madame - Dites-le mon chou comment vous portez-vous loin de moi donc de tout? délivrez-vous du chagrin - va donc vivre à Tombouctou! Une dame au pull rouge promène un petit cul bien sympathique Dans le ciel tout bleu l'astre caresse mes vieux os qui s'entrechoquent d'allégresse, un chien gourmand ses longues oreilles dresse Jeune chien assez perplexe face à ce très lent gastéropode Je suis fou de vous ma déesse, êtes-vous folle de ce dieu votre homme qui vous transfigure en somme quand il s'approche? go home! Ici Londres, sous le tilleul des parachutes vont être largués Que faire devant ces vers sinon ôter sa casquette? prions pour cet artiste qui nous délivre tant de beautés! |