José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.

  *** José Chanly ***  

Le petit monde merveilleux des haïku : AVRIL 2008

Haïku d'un mois d'avril




               
Veillez sur nous Notre-
Dame de la Délivrance
nous sommes sam'di
et nous irons bientôt rire
avec vos enfants, les ch'tis

(à Namur, rue Haute Marcelle)



Voici, choisis parmi tous les poèmes de janvier 2001 à mars 2008, et pour vous, amateurs d'haïku, pour toi, amoureux des tankas, "cent haïku" et "cent tankas" à découvrir, toutes affaires cessantes, aux adresses suivantes :

Recueil de José Chanly : Cent haïku pour vous

Recueil de José Chanly : Cent tankas pour toi


Cris d'oiseau, la nuit
agonise le matin
revêt sa chemise


Ce matin des coups
de bec dans notre fenêtre
et si c'était l'un
des choucas retour d'Afrique
tout désireux de nous voir?


Il est vrai que tout
explose au printemps, bourgeons
bonbonnes de gaz


Grâce à toutes ces
haies le renard vient en ville
faire ses emplettes
des poules en premier lieu
un repas digne des cieux


L'estomac
réclamant sa quote-part
notre chat gratte à la porte



               
La vieille photo
délivre des silhouettes
que le temps estompe
heureusement que leurs noms
et prénoms sont au verso

(photo de Marcel Genot)



Le corbeau clopine
près de saules qui voisinent
avec un étang


On a l'impression
que le coq chante enfermé
dans une soupière


Dans un coin du pré
vit une communauté
quasi religieuse
puisqu'il s'agit de ficaires
lorgnées par Adolphe Hitler


La mine chagrine
notre chat reste dans sa
cahute, pluie fine


Le merle ne cesse
pas d'avaler des vers, qu'est-ce?
une anthologie



               
La ferme d'En Haut
qui salua l'arrivée
de Napoléon
sous les vivats le soir du
16 juin 1815...

(Ligny, le 5 avril 2008)



La mésange charbonnière
chante claire
une oeuvre d'Edmond Rostand


Fin d'après-midi
les ficaires déjà mettent
leur bonnet de nuit


Le coq si souvent
logé dans mes haïku par
maître goupil couic
je l'ai retrouvé occis
ses plumes éparpillées


Sol éclairé par
une ronde lune ayant
ciré ses parquets


Le coq logé dans
mes tankas ou haïku, couic
par maître goupil



               
Une commerçante
dans la rue Haute Marcelle
sise à sa fenêtre
deux promeneurs bien vêtus
en ce jour frisquet d'avril

(anciennement : rue de La Marcelle)



Pour leurs oeufs blancs trois
poules noires sur le bord
du chemin picorent


Quid de vos euros
et de votre libido?
magot d'un côté
filles par milliers de l'autre
qui de très loin me font signe


Pré tonsuré car
j'ai sauvé de la tondeuse
de jolies ficaires


Vois comme les sous-
bois sont par des anémones
enneigés, c'est l'heure
de glisser sur ces surfaces
blanches avec vos traîneaux


Du noisetier au
sapin le roitelet à
triple bandeau go!


Vois dans ces sous-bois
d'anémones enneigés
luges et traîneaux
c'est le moment bonnes gens
de sillonner tout ce blanc



               
Franière un matin
derrière ces branches chante
une fumée blanche



Mes haïku voisinent
avec ceux de Bashô, d'Issa est
la messe est finie


Ah ces jeunes filles
qui courent seins tremblotant
sous la pluie, troublant


Le matin m'attendent
près de chez tante Paula
quelques fleurs fidèles
il s'agit de primevères
s'agitant sur mon passage


Ah ces jeunes filles
qui courent seins tremblotants
comme c'est troublant


Durant la sieste
sous un soleil embrumé
le merle offre sa geste


Chère pluie chantonnent
crapauds et grenouilles qui
de plaisir coassent
réveillant sur leurs grands arbres
quelques corbeaux assoupis




               
Un oiseau qui n'a
pas composé la sonate
à Kreutzer nous chante
les deux mêmes notes tristes
jamais une diversion


Voilà la pinsonne
sur un prunier qui klaxonne
quand ses prunes sonnent
bruits ouïs par la personne
née un soir à Carcassonne


Une cheminée
née après la guerre, si!
sur un toit luisant
ce n'est pas le Pérou, dis!
mais une humide Belgique


Mares piquetées
je rentre trempé, deux fois
plus lourd qu'au départ


D'une cheminée
née après la guerre, en brique
sort une fumée
grise, c'est pas le Pérou
dis! mais la froide Belgique


Une cheminée
née après la guerre, si!
sur un toit luisant
délivre une fumée grise
ce n'est pas le Pérou, dis!




               
Bals à Blankenberg
du temps de la jeunesse, îles
inconnues ces filles
frôlées mais non touchées car
comment clore ce désir?

(oeuvre de Pol Ledent)


Sais-tu que la lune
de Pampelune de prunes
sans payer de thunes
se sustente en oyant l'une
ou l'autre rumeur nocturne?


Aubépines en
fleur entourant la prairie
où rôde parfois
maître renard par l'odeur
alléché, salut cher Jean


Fenêtre ouverte entrent
quelques notes métalliques
de la charbonnière


Fenêtre ouverte entrent
quelques notes métalliques
de la charbonnière
tandis que mon coeur accueille
ce jaune et ce noir en plumes


Les toits ce matin
étaient de givre blancs, ce
soir le noir rend ivre
ou plutôt ces bières belges
bues pour noyer mon chagrin




               
Avec ce blanc ce
ciel, Laneffe un soir d'avril
m'emmène au-delà
de la Grande Bleue boire un
thé à Sidi Bou Saïd


Le vieil arbre rabougri
faisant de sa vieillesse fi
fleurit


Que font là ce blue
jeans cette chemise claire
superfétatoires


Un merle noir siffle
au passage d'une dame
oh le malappris


Le chapeau de paille
gagne le rez-de-chaussée
prélude aux beaux jours


Le chat ronronne en
ma présence, peu de gens
chers en font autant




               
Le prunier malgré
son arthrose est en fleur pour
plaire à ses abeilles


Mon chapeau de paille
acheté à Tarascon
sort quand le soleil
daigne apparaître, ce qui
a l'heur de plaire au pinson


Des bruits de crécelle
le pic épeiche picore
dans un tronc sonore


Cuisine, j'entrouvre
la fenêtre afin d'entendre
le chant du pinson
une leçon d'énergie
en ce début de journée


Chant vespéral
sur le faîte d'un sapin
du merle plein d'entrain


Me voilà plongé
dans la généalogie
espérant sans doute
ressusciter en pensée
tous ces ancêtres gommés


Ils sont ici :

Résurrections : blog généa



               
Voiture à l'arrêt
se penche une fille toute
nue sous sa chemise
pour indiquer le chemin
de l'école buissonnière

(toile de Pol Ledent)


A l'orée du bois
ces cardamines des prés
sont traitées d'intruses
par les ficaires mal en
point pour cause de cirrhose


Un choucas vole avec grâce
au-dessus d'un reine-claudier
royal


Ce jour mes aïeux!
puis-je citer Ferdinand
Lorent? alors que
l'aube... un merle sans façon
emboucha Dieu! son clairon


Dji fè atincion
po nin spotchi on' aragne
mi B.A. do djoû


Je m'écarte pour
ne pas tuer l'araignée
ma B.A du jour


Je m'écarte afin
de ne point écraser une
petite araignée
qui mérite autant que moi
de terminer sa journée




               
Un oiseau chante
non il répète toujours
le même son, son nom!


Qu'entends-je? la voix
non d'un ange mais d'un p'tit
oiseau plein de vie
le troglodyte mignon
qui secoue la léthargie


Un bruit répété
de crécelle, le pic picore
dans du bois mort


Un bruit répété
de crécelle qui n'est pas
ce petit faucon
crécerelle mais un pic
picorant dans du bois mort


On te dépose en
terre en ce moment cher Pol
les oiseaux qui le
savent bien chantent avec
coeur en ton honneur, bon vent!

(Pol Noël, ce 26 avril 2008)


On te dépose en
terre en ce moment cher Pol
dans quelques instants
tu vas te retrouver à
jamais tout seul, notre lot




               
Le colza pâlit
au nom de Vancouver comme
un poète belge
de nos jours si oublié
Marcel... Cerdan? non Thiry


Nombreux sont ces gens
à présent trépassés qui
sont un jour passés
en automne ou en été
sur ces tout petits pavés


Comme un ouvrier
de la dernière heure arrive
le soleil fêté
avec d'autant plus de joie
qu'il n'était plus espéré


J'ai dans mon bureau
un morceau du Ventoux, ce
caillou blanc qui chante


Écartons de nous
l'idée de cet Orque noir
qui selon Ronsard
ne pardonne en épaulard
à personne, trop vorace


Je pédale sous
de nombreux pétales blancs
notes d'un faisan
à la voix enrouée oh!
la roue du paon dans le ciel


Recueil de José Chanly : Cent haïku pour vous

Recueil de José Chanly : Cent tankas pour toi

j.mazuin@skynet.be
 

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