José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : AVRIL 2006
Haïku d'un mois d'avril
 
 
Dans la Meuse à Dave
cinq vieux brochets brocardaient
Johnny Hallyday
en chantant le long de l'île
qu'est-ce qu'elles ont nos gueules?
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Chant d'une tourterelle
cousine germaine sans doute
du coucou
Premier avril, fête
des poissons dans nos rivières
sans martins-pêcheurs
J'entends la voix mais
ne vois sur la voie du ciel
l'alouette vive
Dernière minute
Johnny Hallyday m'intente
un procès, plagiat
Une rivière en
crue serpente dans le val
notes du faisan
 
 
Village un dimanche
matin, l'averse a fait place
à ce ciel heureux
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Le pipit des arbres
lance ses notes sonores
silencieux moutons
Vois cette ingénue
qui se dandine, un ange ou
hanches de démon?
l'interrogation me tue
que ne suis-je Champollion!
Entends-tu ce cri
du vanneau huppé fait d'algues
et de coquillages?
Entends-tu ce cri
du vanneau huppé fait d'algues
et de coquillages?
l'enfant se revoit encore
au pays de James Ensor
Malgré la pluie drue
un merle entonne ce soir
son hymne à la joie
 
 
Rue Responnette à
Saint-Gérard, je désire une
mésange nonnette
écoutez-la nous chanter
un refrain sans fausse note
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Ils nous bouffent tous
nos poissons ces cormorans
plainte d'un pêcheur
qui n'avait plus que sa ligne
pour pleurer tanche ou goujon
Désarroi
si n'ai plus rien à dire
que vont mes haïku devenir?
Un merle préside
les festivités du soir
murmure du vent
Le verger somnole
quand soudain le réveille un
cri de Dieu le Père
c'est le pivert qui s'envole
en éteignant les bougies
 
 
Chevalet, les mineurs
y pendaient la lumière
avant la descente aux enfers
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Un merle appelle en
vain Théophile Gautier
depuis des années
pour qu'il lui narre un récit
fantastique, ils sont si beaux
La fauvette à tête
noire mais aux idées claires
dit son bonheur d'être
Cernée de violettes
tel le sous-préfet aux champs
la fauvette à tête
noire mais aux idées claires
proclame son bonheur d'être
Prions saint Judas
sans lui pas de déicide
point de rédemption
 
 
Sous les chevalets
d'Arenberg l'estaminet
aux volets peints en
rouge, je vous offre un verre
pour calmer votre misère
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Pendue tête en bas
la mésange charbonnière
bécote une branche
Compost étendu
le merle s'en donne à coeur
joie ver après ver
La musique vient
d'Aisemont, voix d'une femme
célébrant l'amour
S'envole de la Sambre
un amoureux des sandres
le héron cendré
 
 
La dame refuse
tous ces pavés d'Arenberg
trop dur gémit-elle
que les coureurs de Paris-
Roubaix soient plus téméraires!
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J'enjambe un vélo
Paris-Roubaix terminé
victoire in fine
Extraordinaire
machine que la mienne et
la tienne et la sienne
notre votre leur appris
par coeur sur les bancs d'école
Semaine peineuse
corbeaux dans le ciel, un scoop
Jésus va mourir
Porte d'un garage
elle s'ouvre pour libérer
une limousine
ce voisin sur son trente et
un s'évade, trente-deux
Plaintes d'une buse
heureux les campagnols en
l'entendant souffrir
 
 
Le lac des cygnes
à Metz interprété par les oiseaux
féerie
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La douceur messine
vaut bien l'angevine
cher Joachim Du Bellay
La voiture s'est
arrêtée rue Bossuet
car l'Aigle de Meaux
m'accompagne quelque temps
dans les belles rues de Metz
Mes premières ficaires
se dorent au soleil
salut fraternel
L'alouette le
louange quel punch, merci
pour un vieil homme, hé!
Pas heureux de me
voir ces trois hérons, envol
à la queue leu leu
 
 
La douceur messine
vaut bien l'angevine
cher Joachim Du Bellay
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Libérant la robe
elle recense ses seins
avantageux, deux
Metz la cité d'or
et de lumière avec sa
pierre de Jaumont
d'où jaillirent les églises
grands monuments et maisons
L'homme condamné
passe son temps à t'attendre
patiemment, Godot
Publicité
Fernandel envoie des sms
anachroniques
Rêve aux fastidieux
calculs mais je m'en rends compte
arrêt sur image
Passage d'un char
pense l'homme de Québec
dans son lit douillet
la voiture est-elle grise
ou rouge? à vous de choisir
 
 
Oyez les cloches
messines sauf une car
j'ai promis de me taire
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Pluie, perles
sur la fenêtre illustrant
la multiplication des pains
Elle lance ses notes
jaunes et noires
la mésange charbonnière
Le bruit d'un tracteur
dans les champs auquel répond
ce long beuglement
Semaine peineuse
d'ac mais pourquoi ce dimanche
glorieux si pluvieux?
(Avec réticence
cette variante qui froisse
ma délicatesse
jeune fille aux belles fesses
qu'une grasse blague blesse :)
Semaine peineuse
d'ac mais pourquoi ce dimanche
tire-t-il la gueule?
La délicatesse
fille aux belles fesses
qu'une grasse blague blesse
Fenêtres sises à l'ouest
dégoulinantes de pluie
Pâques est-ce?
 
 
Pâques! chante-t-on
je n'éprouve aucune joie
mais de la tristesse
car les oeufs offerts n'ont plus
pour moi le goût du sacré
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Écoutez les cloches
de Rome sauf une
car j'ai promis de me taire
Deux oiseaux passent
aériens, puis un merle
bombardier aux idées noires
Le chat gris m'observe
en point d'interrogation
vais-je le nourrir?
avez-vous remarqué que
ce haïku en loge deux?
Avez-vous remarqué que
ce tanka en loge trois?
Avez-vous remarqué que
ce poète perd la boule?
 
 
Que faire
devant cette nature
sinon apposer sa signature?
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Deux geais me fuient comme
la peste ou le choléra
dites-moi pourquoi
cette peur à notre égard
est-ce raisonnable? oui
N'arrive à dormir
trop fatigué
ce qui semble une absurdité
A défaut de voix
célestes j'aimerais que
le loriot me dise
ce beau jaune sur mes plumes
est gage d'éternité
Cimetière
son dernier parent en terre
et lui en ligne première
Palmipèdes en
vol émettant à la queue
leu leu des sons bêtes
 
 
Vieux bâtiments vieux
monsieur observant un sol
qui va s'entrouvrir
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Ce merle sifflote
comme un ouvrier à la
sortie de l'usine
que la vue d'une gamine
montée en graine émoustille
Aux perce-neige ont
succédé les violettes
le parfum en plus
Au prix du mazout
le chauffage ne devrait
ronronner le soir
mais siffler les cours en hausse
de Wall Street ou Walt Disney
Sous l'arbre picorent
deux pinsons le mâle en tête
cela va de soi
Quel ramdam dame
le pivert s'envole durant
le ramadan, pan!
Quelques ficaires palabrent
sous le noyer
trop d'eau
 
 
Aux premières notes
de l'Angélus une vache
blanche s'agenouille
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Aux premières notes
de l'Angélus une vache
blanche miracle ou
pas lentement s'agenouille
l'oeil sur l'église rivé
La paix du soir paît
un ruminant sous les cris
d'hirondelles vives
Sous la sapinière
les ficaires et violettes
semblent en prière
mie je te conte fleurette
grâce à cette pâquerette
Regarde l'alpaga
quelle tête il a!
mon voisin tout craché
Le cri de la foulque
m'empêche d'apercevoir
le martin-pêcheur
vieille commère des eaux
tu mérites un pruneau!
5 heures du soir
les ficaires ont déjà
regagné leur chambre
pyjama jaune et draps verts
bonne nuit chante le vent
 
 
Deux bouleaux en signe
de victoire ont crû le long
des rives sans cygnes
mais en compagnie de foulques
et de canards à l'orange
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L'homme cherche, n'y
a-t-il rien d'autre après moi?
si, le mercredi
quand tu as la chance d'être
incinéré le mardi
Elle se posa
la petite coccinelle
sur quatorze vers
de Joachim du Bellay
ce qu'on appelle un sonnet
Bruit d'une tondeuse
la voix du printemps me souffle
le merle moqueur
L'homme d'un certain
âge gêne empêchant l'autre
de s'approprier
l'argent ou la demeure ou
la place du trop coriace
Fatigue, mes pas
parcimonieusement pesés
rêve de plumes
Viens d'entendre mon
tout premier coucou coucou
me fait-il, coucou
ai-je envie de lui répondre
trop heureux de son retour
 
 
Tu es par ton chant tourterelle
la cousine germaine
du coucou
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Sous mes pas
une araignée docteur ès lettres
s'écrie Gargantua
Des ficaires sans
domicile fixe logent
dans la sapinière
car les clefs de monsieur le
vicaire ferment l'église
Les fils électriques
dessinés sur le sol en
noir, soleil aidant
choisissent parmi les chants
d'oiseaux les meilleures notes
A Meux quelques vaches
ne meuglent pas par esprit
de contradiction
Joli pissenlit
dis? puis-je te glisser dans
mon lit car je t'aime
déclare un haïku, petit
poème de dix-sept pieds
Bouleau plus mésange
charbonnière égal du jaune
du blanc du charbon
 
 
Fosses, la ville
jardin qui s'éclaire un 28 avril
fleurs écloses
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A Meux elles ne
veulent pas meugler les vaches
elles beuglent, na!
Avec ce vent froid
du nord les pétales blancs
s'envolent, la neige