José CHANLY - Le petit monde merveilleux des haïku.
 
*** José Chanly ***
 
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Le petit monde merveilleux des haïku : AÏE! COU COUPE
Sur le bord des chemins du Namurois, j'ai cueilli de petits poèmes "japonais",
des haïku : ils vous tendent les bras.
Sur un chemin
de cailloux
genèse de haïku
Beuglement jaloux
le papillon blanc
dessine des regrets
Yakshi*
si! pour tes seins opulents
ta fente souriante
(* déesse des arbres, en Inde)
La brouette renversée
fait la grève
sur le tas
Pinson
sois pas débile!
mélange tes notes, varie!
Les fruits à l'étalage
malgré la chemise
j'achète!
A l'aube de l'an deux mille
terrils sans mineurs
clochers sans curés
La vache sécrète son lait
l'arbre
ses prunes
Soir d'un 6 juin
l'horloge
sonne les dix coups
(1999)
Le merle actionne
la sirène
pas d'un matou
Prairie
le merle lui tire
les vers du nez
Sur l'arbre des fruits noirs
qui croassent
Fatima
Ne fêtons pas
mes soixante-deux berges
maladie chronique
L'odeur d'une charogne
l'horreur
incinéré serai
Lourd constat
le christianisme a produit
Treblinka
S.O.S.
papillon cherche
aire d'atterrissage
Cinq heures...
cocorico! écho
réveil des merles du verger
La lune telle
la tête du Christ
sur la croix
Le bourdon goulûment
tète un bleuet
voie lactée
Le grillon résonne
comme un réveille-matin
le vent se lève
Un vulcain se pose sur la page
lit quelques mots
puis s'envole
La chauve-souris
tel un frotteur
efface le jour
Sur l'arbre
de manière infinitésimale
croît une pomme
Suis-je suivi?
la feuille brochée d'or
enrichit le tapis
Le vulcain se pose
plusieurs fois
sur l'épaule - bonheur
Le vieux cerisier
boursouflé, tout craquelé
comme un alligator
Le noyer tremble
sous la brise
qu'en sera-t-il sous la bise?
De chez ma tante
une fumée s'élève
totem flèches et scalps
 
 
Le soleil décoche ses flèches
à la lune
visage pâle
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Nous sommes le 9
du 9e mois 99
quoi de 9?
Sous la lune
l'arbre
une branche bat la breloque
Beau clair de lune
qui dessine les bronchioles
du prunier
Couvercle du cercueil
que l'on pose
le pétale d'une vie
Le calot tout blanc
de givre
la maison fume une pipe
Fumée noire
Comanches sur le sentier de guerre
hugh!
Cimetière
chacun lance sa part de terre
tel un chat
Vieillir?
pourquoi toujours obéir
aux instances du Temps?
J'ai pleuré
le jour de sa mort
en épluchant des oignons
L'inextricable delta blanc
de l'arbre
après une nuit de neige
Dans la neige
la pie à demi-mangée
prend le deuil
Quand nue on entre
en elle telle une truite
entre deux pierres moussues
Ardoises finement ouvragées
à la Hiroshige
givre
 
 
Sur le blanc bouleau
décalcomanie
d'une mésange bleue
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Les marronniers exhibent
leurs petits sapins de Noël
en mai
Le petit toit de la cuisine
tout sucré
par la grêle
Les mésanges passent à table
au menu
le bouleau verruqueux
Grand vent, chablis
sous le vieux cerisier
ramasse, Chanly
Fleurs d'églantier
s'ouvrant odorantes
comme filles de chez nous
Le nid, va-et-vient
du rouge-queue
sans malice, madame
Dans l'herbe les mouches
de Sartre, six heures
les arbres s'étirent
Des pas?
une feuille qui roule
en ce temps de canicule
Elle déplace un petit derrière
qui devise en français
ma chère
Salut pépé!
crie un gosse
sacré coup de vieux
L'épeiche rend visite au prunier
l'ausculte
bon pour le service
Dans un ciel trop clair
la lune pâle
s'interroge
La cloche égrène sept coups
le coq du voisin
davantage
La pie voleuse
de Rossini
déguerpit
L'ombre de mes petits-enfants
s'allonge
au soleil couchant
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